Alstom-Siemens : un risque pour l’emploi et la souveraineté industrielle

Le groupe allemand pourrait prendre le contrôle des activités ferroviaires de l’entreprise française. Les syndicats et les élus de gauche s’inquiètent. Le groupe parlementaire France insoumise demande une commission d’enquête.

Politis.fr  et  AFP  • 26 septembre 2017
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Alstom-Siemens : un risque pour l’emploi et la souveraineté industrielle
© photo : Sebastien Bozon / AFP

Alstom et Siemens pourraient officialiser aujourd’hui le rapprochement de leurs activités ferroviaires, qui passeraient sous le contrôle du groupe allemand. Le conglomérat allemand pourrait monter au capital d’Alstom à hauteur de 45 à 50 %, en échange de l’apport de ses activités ferroviaires – matériel roulant et signalisation – au groupe français. L’État français pourrait sortir du capital du constructeur ferroviaire, dont il détient actuellement 20 %.

Selon le quotidien Les Échos, « le niveau d’emplois en France serait maintenu pour une durée de quatre ans » et le siège du nouvel Alstom devrait rester en France. « Les garanties, c’est vite changé. Siemens sera là pour gagner de l’argent », a réagi auprès de l’AFP Daniel Dreger, de la CGT, deuxième syndicat de l’entreprise. De son côté, la CFE-CGC d’Alstom, premier syndicat du groupe, estime que ce rapprochement est à la fois « une nécessité » pour lutter contre la concurrence chinoise mais elle s’est dit « inquiète » car « il y aura de la casse sociale à moyen terme ».

Les élus Front de gauche d’Île-de-France Mobilité ( Syndicat des transports d’Île-de-France) se sont également inquiétés d’un « scénario [qui] laisse la porte ouverte à des restructurations potentiellement très dangereuses pour l’emploi industriel en France ». Les députés communistes se sont dits quant à eux « pas rassurés », soulignant « l’enjeu majeur » du développement du rail pour la France.

« Vente à la découpe des fleurons de l’industrie »

Dans une question au gouvernement, le député France insoumise Michel Larive a rappelé que le précédent rapprochement, en 2015, avec General Electric, qui avait absorbé les activités énergie du groupe français, « devait créer 1 000 emplois », mais « s’est traduit par un millier d’emplois en moins ». Benjamin Griveaux, secrétaire d’État auprès du ministre de l’Économie, lui a répondu que l’État veillerait à ce que ce nouveau rapprochement entre le groupe Alstom et les activités ferroviaires de l’allemand Siemens aboutisse à « un mariage entre égaux ». « L’État s’est déjà assuré qu’un certain nombre de garanties, notamment en termes d’emploi et de gouvernance, seront inscrites dans les termes de l’accord », a-t-il ajouté.

Le groupe parlementaire France insoumise a invité dans un communiqué « les autres groupes parlementaires à se joindre à lui pour demander une commission d’enquête » dans un communiqué, regrettant que l’État « s’apprête aujourd’hui à offrir le savoir-faire ferroviaire français au pavillon allemand » alors qu’il « menace de céder le contrôle du chantier naval STX ». Il accuse Emmanuel Macron de poursuivre « sa vente à la découpe des fleurons de l’industrie française, au prix d’une perte de contrôle de l’État sur les brevets, et au mépris des enjeux sociaux et écologiques dans lesquels la filière ferroviaire occupe une place centrale ». Il « s’indigne de ce nouveau coup porté à notre souveraineté industrielle ».

Société Économie
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