Une victoire pour l’eau publique en Île-de-France

Trois intercommunalités franciliennes ont refusé d’adhérer définitivement Syndicat des eaux d’Île-de-France (Sedif), laissant ouverte la possibilité d’une remunicipalisation.

Politis.fr  • 23 octobre 2017
Partager :
Une victoire pour l’eau publique en Île-de-France
© photo : FRANCK FIFE / AFP

Bonne nouvelle pour l’eau publique en Île-de-France. Dans un communiqué du 20 octobre, les présidents de trois Établissements publics territoriaux (EPT), MM. Braouezec, Cosme et Leprêtre pour Plaine commune, Est Ensemble et Grand-Orly-Seine-Bièvre ont annoncé qu’ils n’adhéreraient pas de façon définitive au Syndicat des eaux d’Île-de-France (Sedif), la structure qui délègue la gestion de l’eau potable de 150 communes à Veolia. Ils veulent prendre « deux ans supplémentaires pour travailler, réfléchir »,_ tout en restant liés au Sedif via une convention provisoire.

À lire aussi >> Notre dossier « Public-privé : La guerre de l’eau »

Cette annonce fait suite à une entrevue entre les trois élus et André Santini, président du Sedif, elle-même motivée par une lettre envoyée par M. Santini aux présidents d’EPT qui n’avaient pas encore statué sur leur adhésion au Sedif, ce qu’ils étaient supposés faire six mois avant la fin de l’année. Cette lettre n’était pas purement administrative et au contraire tout à fait politique puisque M. Santini y dénonçait une volonté de _« rupture, pour des raisons idéologiques à l’initiative d’une minorité agissante, de la solidarité intercommunale ».

À cela, les présidents d’EPT ont répondu en mettant « en avant un débat de fond dans la société, sur la question de la gestion de l’eau ». Car, même si les élus affirment que l’engagement n’est pas de « sortir ou de réadhérer coûte que coûte », c’est bien la reprise en régie publique de l’eau dans ces trois territoires qui pourrait à terme devenir une réalité.

Comme Politis le rappelait dans un article publié en début d’année, la réforme territoriale, en transférant la compétence de gestion de l’eau des communes aux intercommunalités, offre à ces dernières la possibilité de ne pas adhérer au Sedif, ce qui était très difficile pour les communes déjà adhérentes. Si MM. Braouezec, Cosme et Leprêtre n’ont pas franchi le pas, leur non-adhésion en laisse au moins ouverte la possibilité.

La Coordination eau Île-de-France s’est ainsi félicitée dans un communiqué de ce temps supplémentaire qui _« pourra être mis à profit pour poursuivre les études de faisabilité d’une gestion publique et déterminer les périmètres et les bons modèles techniques et économiques, pour mener le débat avec tou-tes les élu-es concerné-es et la population ».

À lire aussi >> Régie publique de l’eau : « un choix politique »

La semaine dernière n’a décidément pas été très concluante pour M. Santini, puisque son projet, présenté mardi dernier, d’un « Grand Paris de l’eau » pour mutualiser les moyens de production d’eau potable en Île-de-France, a été taxé, mercredi, de « projet pharaonique de création d’autoroutes de l’eau qui n’a aucun sens tant sur le plan technique que sur le plan financier » par la Ville de Paris. Elle y voit un « grand projet inutile ».

Économie Société
Temps de lecture : 3 minutes
Soutenez Politis, faites un don.

Chaque jour, Politis donne une voix à celles et ceux qui ne l’ont pas, pour favoriser des prises de conscience politiques et le débat d’idées, par ses enquêtes, reportages et analyses. Parce que chez Politis, on pense que l’émancipation de chacun·e et la vitalité de notre démocratie dépendent (aussi) d’une information libre et indépendante.

Faire Un Don

Pour aller plus loin…

Les syndicats de journalistes de plus en plus pris pour cible
Presse • 25 septembre 2026 abonné·es

Les syndicats de journalistes de plus en plus pris pour cible

Depuis plusieurs semaines, ces organisations sont accusées d’être des ennemies du pluralisme, d’entretenir des biais idéologiques. Des attaques en provenance de politiques de droite et d’extrême droite mais également d’éditorialistes, de journalistes présentateur·trices. Un virage inquiétant.
Par Céline Martelet
À Nantes, l’opposition au projet de CRA hausse le ton après le passage en force de l’État
Luttes • 24 septembre 2026 abonné·es

À Nantes, l’opposition au projet de CRA hausse le ton après le passage en force de l’État

En Loire-Atlantique, défenseurs des droits humains et défenseurs de l’environnement s’allient pour tenter d’interrompre la construction d’un centre de rétention administrative dans un bois et sur une zone humide.
Par Mathilde Doiezie
Au CRA de Toulouse, une série de tentatives de suicide sur fond d’allongement des délais de rétention
Récit • 22 septembre 2026 abonné·es

Au CRA de Toulouse, une série de tentatives de suicide sur fond d’allongement des délais de rétention

Au CRA de Cornebarrieu, près de Toulouse, plusieurs personnes ont tenté de se suicider depuis fin août, après l’entrée en vigueur de la loi qui prolonge la durée maximale de rétention de 90 à 210 jours. Des actes de désespoir ont été relevés dans d’autres CRA.
Par Pauline Migevant
Violences sexuelles : face au silence de la justice, elle demande le suicide assisté
Récit • 22 septembre 2026 abonné·es

Violences sexuelles : face au silence de la justice, elle demande le suicide assisté

Depuis 2012, Delphine Huet accuse de viol son supérieur dans la police. Après un non-lieu, elle dénonce un système qui détruit les plaignantes, et se tourne vers le suicide assisté en Belgique.
Par Zoé Grandjacques