Les plaisirs de l’uchronie

Jean-Paul Farré met ses talents d’auteur et de conteur à imaginer une autre guerre de 14-18. Un magnifique hommage à la tradition de l’« absurde » et sa puissance de vérité.

On assiste sans doute à une baisse d’intérêt pour l’inspiration « absurde ». Le public a intégré la pensée de l’absurdité qui est si criarde dans notre vie et dans l’actualité ; il l’a apprise à l’école en entendant parler de La Cantatrice chauve et de Godot. Mais il est tellement travaillé inconsciemment par le récit télévisuel, la remise à plat classique des histoires, qu’il ne fait plus assez la fête aux esprits cocasses de notre temps, ceux qui font marcher les pendules à l’envers. Jean-Paul Farré est de ceux-là. Il fut longtemps un clown musical, jouant sur trois pianos à la fois, se disputant avec des Steinway récalcitrants, cassant la baraque de l’univers compassé des mélomanes académiques. Farré fait le pitre, massacre (en virtuose) les pianos mais il écrit aussi. Son imagination d’écrivain donne parfois le vertige. Ses pièces, comme Cinquante-cinq dialogues au carré ou L’Illusion chronique, sont dans la continuité d’un Alphonse Allais ou d’un Raymond Roussel : ils combinent une traversée du miroir qui pulvérise les apparences et jouent avec mots et chiffres avec un goût de la difficulté extrême.

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