« Nocturne (Parade) » : de la guerre dans l’air

Phia Ménard renoue avec l’un de ses éléments favoris, l’air. Métaphore des violences actuelles, son ballet de créatures de plastique tire sa grande puissance de la fragilité.

Anaïs Heluin  • 16 avril 2026 abonné·es
« Nocturne (Parade) » : de la guerre dans l’air
Les sublimes sculptures de plastique qui ne tardent pas à surgir sur la scène ronde ont beau être d’une grande poésie, elles incarnent elles aussi des bons et des méchants en pleine lutte.
© sigridspinnox

Dans le monde que Phia Ménard déploie depuis presque trois décennies à la croisée des disciplines, les mots sont si rares que lorsqu’ils se font entendre c’est qu’il y a nécessité absolue. Dans une obscurité totale, ceux qui ouvrent Nocturne (Parade) exposent une peur que, connaissant l’artiste, on peut deviner liée à l’état du monde, à ses horreurs. Ce texte qui nous est délivré par une douce voix off n’est toutefois guère plus explicatif que le langage de corps, de matières et d’objets par lequel s’exprime Phia Ménard depuis une vingtaine d’années, après des débuts dans le jonglage en tant que Philippe Ménard.

Il s’agit d’une œuvre qui n’est pas d’elle mais de Goethe : Erklöning, connu en France sous le titre Le Roi des Aulnes, où un enfant chevauchant avec son père se sent menacé par la créature éponyme. Le combat qui commence sur scène lorsque le poème, écrit en 1782, s’achève, nous laissant

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Théâtre
Temps de lecture : 4 minutes