Les services de renseignements américains attirent l’attention sur le réchauffement climatique

Les différences agences de renseignements des États-Unis, entendues par le Sénat, ont insisté sur la menace que constituent les changements environnementaux.

Claude-Marie Vadrot  • 19 février 2018
Partager :
Les services de renseignements américains attirent l’attention sur le réchauffement climatique
Photo : les directeurs des agences de renseignement américaines pendant l'audition au Sénat le 13 février.
© RON SACHS / CONSOLIDATED / DPA

Dans leur rapport annuel commun, les services de renseignements américains attirent l’attention du pays _« sur les dangers que le dérèglement climatique et les tendances aux changements environnementaux qui sont susceptibles d’alimenter des désordres économiques et sociaux, y compris des soulèvements au cours de l’année 2018 ».

Leurs représentants, longuement entendus le 13 février par le comité du Sénat spécialisé dans la surveillance des services de renseignement, ont expliqué que ces tendances sont toutes visibles, provoquant d’autant plus la surprise des parlementaires qu’elles étaient appuyées sur des exemples scientifiques montrant que les inquiétudes dominantes sur le réchauffement climatique sont formellement identifiées et confirmées.

Ces affirmations contrastent évidemment avec plusieurs documents publiés par l’administration de Donald Trump. Ceux-ci mettent complètement en doute les inquiétudes environnementales décrites par la précédente administration américaine, omettant même de mentionner les dérèglements climatiques comme étant une préoccupation digne d’attention.

Risque de protestations violentes

Au contraire, la publication explique clairement que « des événements météorologiques survenant dans un monde de plus en plus chaud, combinés avec d’autres circonstances climatiques, peuvent entraîner des désastres humanitaires, des conflits, des pénuries d’aliments, d’eau et d’énergie, des migrations incontrôlées, du chômage et d’insupportables augmentations de prix ».

Le constat est même appuyé par Dan Coats, Républicain et directeur du renseignement national nommé par Donald Trump, qui affirme dans un témoignage écrit pour les sénateurs que « la dégradation de la qualité de l’air et les pollutions, les feux de forêts et des zones agricoles, l’urbanisation et une industrialisation trop rapide, et donc une prise de conscience montante de l’opinion publique, peut entraîner dans de nombreux pays des protestions violentes contre les autorités en place ».

Les auteurs abordent tous les dangers dont ils veulent convaincre l’administration présidentielle et les parlementaires de prendre conscience, alors que ces derniers sont actuellement majoritairement climato-sceptiques ou liés à des groupes de pression industriels. De la biodiversité ou des espèces végétales et animales menacées aux océans ne supportant plus la surpêche et aux phénomènes d’acidification, rien n’est oublié dans ce texte que ne désavoueraient pas des ONG environnementalistes.

Écologie
Temps de lecture : 2 minutes
Soutenez Politis, faites un don.

Chaque jour, Politis donne une voix à celles et ceux qui ne l’ont pas, pour favoriser des prises de conscience politiques et le débat d’idées, par ses enquêtes, reportages et analyses. Parce que chez Politis, on pense que l’émancipation de chacun·e et la vitalité de notre démocratie dépendent (aussi) d’une information libre et indépendante.

Faire Un Don

Pour aller plus loin…

LGV Bordeaux-Toulouse : main basse sur les terres agricoles
Reportage 30 avril 2026 libéré

LGV Bordeaux-Toulouse : main basse sur les terres agricoles

Pour déployer sa nouvelle ligne, SNCF Réseau doit acquérir du terrain au titre de la compensation écologique. En pleine crise du secteur, de nombreux viticulteurs sont tentés de vendre, car les prix proposés sont élevés. Au point d’écarter certains agriculteurs désireux de créer une activité.
Par Romane Gentil
La paysannerie mondiale résiste encore
Reportage 20 avril 2026 abonné·es

La paysannerie mondiale résiste encore

Depuis 1996, le 17 avril marque la journée internationale des luttes paysannes. Face à la libéralisation des échanges et à l’accaparement des terres, le mouvement altermondialiste La Via Campesina coordonne la résistance de 200 millions de paysans à travers le monde.
Par Alix Garcia et Louis Meurice
En Suisse, avec le berger qui défend les loups
Portrait 17 avril 2026 abonné·es

En Suisse, avec le berger qui défend les loups

Dans le Jura vaudois, Fabrice Monnet a passé une grande partie de l’hiver à patrouiller dans les montagnes avec son association pour empêcher l’abattage du grand prédateur. L’homme est devenu une figure militante, non sans agacer éleveurs et pouvoirs publics.
Par Louis Bolla
Marc-André Selosse : « S’occuper de la biodiversité est une preuve d’humanisme »
Entretien 15 avril 2026 abonné·es

Marc-André Selosse : « S’occuper de la biodiversité est une preuve d’humanisme »

Le professeur de microbiologie au Muséum national d’histoire naturelle plaide pour la reconnexion de notre société au vivant, et l’émergence d’alternatives agroécologiques pour protéger le monde agricole et les citoyens des ravages des pesticides. Dans De la biodiversité comme un humanisme, petit livre très accessible, il allie vulgarisation et la défense de la biodiversité.
Par Vanina Delmas