Avec Parcoursup, ils n’en seraient pas là…

Dès la prochaine rentrée, le bac ne sera plus suffisant pour s’inscrire à l’université, dont seront écartés les élèves de filières pro, mais aussi ceux qui ont rencontré des difficultés scolaires.

Malika Butzbach  • 16 mai 2018 abonné·es
Avec Parcoursup, ils n’en seraient pas là…
© photo : Malika Butzbach

Date butoir : le 22 mai. Ce jour-là, les premières réponses positives de Parcoursup tomberont pour les lycéens. Mais seulement pour les bons élèves. Les autres, ceux dont le dossier scolaire est jugé moins bon, se verront attribuer des réponses telles que « oui si » ou « en attente ». Avec la réforme et la loi ORE, les portes de l’université risquent d’être fermées pour eux. Pourtant, ces « mauvais » lycéens feraient-ils forcément de « mauvais » étudiants ? Réponse en trois contre-exemples.

À lire aussi >> Universités : le grand flou de la sélection

Sélim Derkaoui : « La fac m’a construit »

« Sans l’université, je n’en serais pas là. Ces formations ont vraiment contribué à ce que je suis devenu. » Lorsque Selim Derkaoui, jeune journaliste, raconte son parcours, il ne peut s’empêcher de tomber dans l’analyse, qu’elle soit sociologique ou politique. Il évoque pêle-mêle Bourdieu, la loi LRU et les questions budgétaires de l’enseignement supérieur. Pourtant, au lycée, sa première note en sciences économiques et sociales, c’était 1/20. « J’ai eu 17 au baccalauréat, s’amuse-t-il. Ma revanche personnelle ! » À la fin de la seconde, ses professeurs lui imposent de redoubler. Or, dans certaines formations sélectives, les redoublements dans le secondaire génèrent un malus. Et si c’était le cas pour le classement des dossiers de Parcoursup à la fac ? Dans une logique de sélection, les redoublants se retrouvent désavantagés.

Au moment de l’orientation en première, on propose au jeune homme d’aller en filière technologique. Il le vit comme une injustice et refuse : « Un de mes camarades, fils de prof, avait les mêmes notes que moi, mais lui était accepté en première générale. J’avais vraiment l’impression que STMG [sciences et technologies du management et de la ­gestion, NDLR] était la voie de garage pour les Arabes. » D’ailleurs, quelques années plus tard, il retournera dans le bureau du proviseur pour défendre le passage en première S de sa petite sœur. « Elle aussi, on voulait l’envoyer en STMG. Résultat ? Elle a eu son bac et est en deuxième année de licence ! » Leurs parents connaissent mal les codes scolaires. Pour eux, ce qui compte

Envie de terminer cet article ? Nous vous l’offrons !

Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter quotidienne :

Vous préférez nous soutenir directement ?
Déjà abonné ?
(mot de passe oublié ?)
Société Éducation
Temps de lecture : 9 minutes

Pour aller plus loin…

Au-delà du cas Bruel, les rouages d’un système
Analyse 26 juin 2026 abonné·es

Au-delà du cas Bruel, les rouages d’un système

L’affaire touchant le chanteur rappelle une évidence trop souvent oubliée : les violences prospèrent rarement seules. Elles s’inscrivent dans des structures qui les tolèrent, les couvrent ou les encouragent. Comment l’industrie musicale produit des monstres.
Par Lise Lacombe
Meurtre de Nahel : le combat des mots
Médias 24 juin 2026 abonné·es

Meurtre de Nahel : le combat des mots

Dès les premières heures après la mort de Nahel, les mots des médias grand public ont déshumanisé le jeune homme. L’éventualité d’un retour du terme « meurtre » dans le débat public, avant le procès du policier, autorise la perspective d’un autre regard sur « l’affaire Nahel ».
Par Ramdan Bezine
« Avec le drame de Nahel, la jeunesse a compris qu’il fallait lutter pour se faire entendre »
Entretien 24 juin 2026 abonné·es

« Avec le drame de Nahel, la jeunesse a compris qu’il fallait lutter pour se faire entendre »

Nemetodorum est une pièce de théâtre documentaire créée par Nicolas Sene, avec comme point de départ la mort de Nahel Merzouk le 27 juin 2023. Le cinéaste, artiste et acteur de terrain dans la ville des Hauts-de-Seine cherche à inscrire dans le champ culturel la mémoire de ce drame.
Par Kamélia Ouaïssa
« Sans nous, il y aurait eu un autre drame »
Reportage 24 juin 2026 abonné·es

« Sans nous, il y aurait eu un autre drame »

Trois ans après les révoltes consécutives au meurtre de Nahel Merzouk, les mères du quartier du Moulin Neuf, à Stains, reviennent sur les raisons qui les ont poussées, ce soir-là, à occuper la rue.
Par Kamélia Ouaïssa