Francis Hallé : « J’ai longtemps dénié l’intelligence aux plantes »

Grand défenseur des forêts, le biologiste et botaniste Francis Hallé est mort ce 31 décembre. Dans un entretien accordé à Politis en 2018, il mettait en lumière la sensibilité des végétaux, leur capacité d’apprentissage et de mémorisation.

Patrick Piro  • 25 juillet 2018 abonné·es
Francis Hallé : « J’ai longtemps dénié l’intelligence aux plantes »
photo : À 80 ans, Francis Hallé (ici à Montpellier en 2017) est l’un des spécialistes mondiaux de la forêt tropicale.
© PASCAL GUYOT/AFP

L'entretien suivant a été publié pour la première fois sur le site de Politis le 25 juillet 2018. Nous (re)partageons cet article le 2 janvier 2026, en hommage à Francis Hallé, mort le 31 décembre dernier.

Il vient de rentrer de la forêt malaisienne, où l’attend une prochaine mission. À 80 ans, Francis Hallé est toujours aussi vert et communicatif, batailleur et franc du verbe, fondamentalement inquiet du sort de la planète mais aux aguets des signes d’optimisme. Grand amoureux des arbres et des plantes (1), il s’est battu pendant toute sa carrière pour l’étude du monde végétal, et en particulier des forêts tropicales, dont il est l’un des spécialistes mondiaux. Il est en particulier co-inventeur du Radeau des cimes, ingénieuse nacelle qui permet d’étudier la très riche canopée des grands arbres avec un minimum d’impact.

Quel est votre sentiment devant l’engouement actuel pour le monde végétal ?

Francis Hallé : Il précède largement le grand succès du livre La Vie secrète des arbres, de Peter Wohlleben, que je trouve très bon. Nous, botanistes, constatons un net regain d’intérêt pour les arbres et les forêts depuis une dizaine d’années. Quelle en est la raison ? Je ne saurais le dire précisément, mais on peut noter l’indiscutable prise de conscience environnementale, qu’entretient notamment la banalisation des voyages : les personnes voient les dégradations du milieu, y deviennent plus attentives, et du coup s’intéressent à ces symboles de la nature que sont les arbres.

Par ailleurs, c’est une banalité que d’aimer les arbres, non ?

Ce n’est pas le cas de tout le monde, loin de là ! Les coupeurs d’arbres, même s’ils ne sont pas majoritaires, j’en conviens, influent de manière déterminante sur l’avenir de nos forêts. Ils n’hésitent

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