Mineurs en prison et à l’abandon

En visite avec la sénatrice Esther Benbassa (EELV), nous avons pu constater les dures conditions de détention des jeunes d’un établissement pénitentiaire.

Olivier Doubre  • 21 mai 2019 abonné·es
Mineurs en prison et à l’abandon
© photo : Dans l'établissement pénitentiaire pour mineurs (EPM) de Porcheville, les sanitaires sont sales et rouillés. crédit : Simon Lambert / Haytham Pictures

L’arrivée devant l’unique établissement pénitentiaire pour mineurs (EPM) d’Île-de-France, à Porcheville (Yvelines), donne tout de suite le ton. En bordure d’un petit bois, l’EPM est au bout d’une route sans issue. Aucun commerce, presque aucune habitation alentour. Dans cette commune de l’agglomération de Mantes-la-Jolie, la gare du Transilien la plus proche est à plus de deux kilomètres. Construite tout au bout de la zone industrielle de Limay-Porcheville, cette prison pour mineurs jouxte une déchetterie. Derrière la clôture de l’EPM, la vue est barrée par une montagne de détritus, de pneus, de carcasses de voiture. Sensation de bout du monde, ou plutôt de relégation.

Outre le Défenseur des droits (Jacques Toubon) et la Contrôleure générale des lieux de privation de liberté (Adeline Hazan), seuls les parlementaires sont autorisés à visiter des lieux de détention. Sénatrice de Paris, Esther Benbassa (EELV) est très active sur la question des prisons. Elle multiplie ainsi les visites inopinées à la fois dans les centres de rétention administrative et dans les établissements pénitentiaires. Lundi 13 mai, accompagnée de ses collaborateurs et de huit journalistes, elle sonne donc en fin de matinée à l’entrée de l’EPM de Porcheville – sans avoir prévenu l’administration pénitentiaire ni la direction de l’établissement. La surveillante, derrière une vitre blindée, annonce notre arrivée sans ouvrir la lourde porte.

« Je n’avertis jamais de ma venue : comme cela, tout n’est pas nettoyé à l’eau de Javel juste pour notre visite ! » plaisante l’élue durant les longues minutes d’attente avant que la directrice de l’établissement, Nathalie Jaffré, apparaisse finalement sur le pas de la porte. Le groupe est invité à pénétrer

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Société Police / Justice
Temps de lecture : 9 minutes

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