Les robes noires voient rouge

Les avocat·es affichent une mobilisation massive et inédite contre la réforme des retraites. En jeu : l’existence de nombreux cabinets, et l’accès à la justice des personnes les plus démunies.

Nadia Sweeny  • 5 février 2020 abonné·es
Les robes noires voient rouge
© Le 3 janvier, à Paris, 15 000 personnes ont manifesté, soit 20 % de la profession.Julien Mattia/ANADOLU AGENCY/AFP

C’est historique : 100 % des barreaux français sont mobilisés depuis plus d’un mois. Jamais, de mémoire d’avocat, on n’avait vu une telle unité ! Aux quatre coins de la France, les robes noires multiplient les coups d’éclat dans les palais de justice. Haka, jets de robe, manifestations… Mais la mobilisation est aussi particulièrement forte dans le quotidien même de la justice, bloquée par des grèves du zèle. À Paris, Marseille ou Bordeaux, via les commissions qui désignent les avocat·es commis·es d’office pour les comparutions immédiates, « on bloque toute désignation, confirme Christophe Bayle, bâtonnier de Bordeaux. Toutes les audiences sont renvoyées. On a mis les magistrats au chômage technique. » Les stocks de dossiers non traités s’accumulent. Mais, plus grave, cette grève pourrait avoir pour conséquence de laisser des justiciables être jugés sans avocat. « Je voulais aller à la manifestation du 3 février, mais je n’ai pas pu lâcher mon client, qui passe aux Assises au même moment, je ne me vois pas lui dire : je ne serai pas là, je fais grève », témoigne Julien Genevoix, pénaliste à Paris. « C’est sûr qu’un justiciable potentiellement maintenu en prison est un crève-cœur pour nous,

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