Une convergence s’organise contre la répression des militants au travail

Une vague de répression syndicale, dans des entreprises publiques, a donné naissance à une alliance des comités de soutien. Un meeting se tenait mercredi à Paris contre « la violence patronale » et le « management par la peur ».

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La liste est longue et la brochette de militants qui fait face à la presse, mercredi après-midi à Paris en préambule d’un meeting unitaire, fournie. Toutes et tous ont été, à des degrés divers, l’object de sanction dans leur entreprise à la suite de faits de grève ou pour avoir milité contre les politiques managériales.

Éric Bezou, radié de la SNCF pour s’être agenouillé devant ses supérieurs afin de « dénoncer la soumission et la servilité totale qui sont demandées » aux cheminots. Alexandre El Gamal, menacé de révocation à la RATP pour son action lors des blocages du mouvement social de l’hiver, qui paye selon lui « [s]on militantisme et [s]on rôle de secrétaire des instances syndicales ». Comme les cas remontant de l'hôpital psychiatrique du Rouvray (Côte-d'Or), d’un Ephad de Seine-Saint-Denis, du rectorat de Poitiers, ou des affaires plus connues comme celle de Gaël Quirante à la Poste (lire ici ou ) ou d’Anthony Smith à l’inspection du travail.

Tous travaillent dans le secteur public, « qui d’habitude ne connaît pas un tel niveau de répression », estime David, prof et militant syndical. Mais ces derniers mois, les nombreux mouvements sociaux et le confinement se sont accompagnés d’une vague particulièrement fournie. « Ça tombe dru », lâche David. Une telle occurrence n’est pas le fruit du hasard, ajoute Eric Bezou :

Nous sommes tous des défenseurs du bien commun et des services publics. Nous travaillons dans des secteurs où il y a le plus de souffrance et le plus de suicides, car ce sont des secteurs qui sont démantelés. Il faut aujourd’hui nous faire taire.

Le problème est bien connu à la Poste, où les transformations liées à l’ouverture à la concurrence ont démarré il y plus de trente ans : « Nous avions recensé, rien que sur la période de 2014 à 2017, rien que sur les représentants syndicaux CGT et Sud en région parisienne, 10 ans de mise à pied cumulés, affirme Gaël Quirante, syndicaliste chez Sud Poste et licencié. Ce qu’ils veulent casser, c’est notre résistance. »

Lanceurs d’alerte

Le rapprochement s’est opéré au cœur de l’été, à l’initiative de militants syndicaux de l’éducation qui entourent les « 3 de Melle ». Ces enseignants d’un Lycée des Deux-Sèvres au climat particulièrement délétère, mobilisés contre « le bac Blanquer », sont mis à pied depuis six mois à la suite d’une mobilisation lors d’une journée d’épreuves E3C. « Le lanceur d’alerte est passé responsable de ce qu’il dénonce. Le déni de réalité est total », s’indigne l’un d’eux, Aladin, qui dénombre 18 cas de burn-out chez ses 50 collègues enseignants en raison du climat de tension qui pèse sur l'établissement. Ils sont désormais « les 4 de Melle », car une de leurs collègues vient d’être convoqué en entretien disciplinaire mi-octobre.

Les comités de soutien qui se constituent autour de chaque cas ont donc décidé de s’unir pour se mobiliser les uns pour les autres. Tous secteurs et tous syndicats confondus, ils espèrent élargir la mobilisation et constituer une force en appui à chacun des cas.

Le meeting était retransmis en direct sur YouTube par Le Média.


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