Erdogan : L’ambition sans freins d’un autocrate

Entre dérives internes et ingérences externes, le Président turc est l’un des grands trublions de l’année 2020.

Patrick Piro  • 21 avril 2021
Partager :
Erdogan : L’ambition sans freins d’un autocrate
© Mustafa Kamaci/ANADOLU AGENCY/Anadolu Agency/AFP

Au Président turc, le titre de grand trublion de l’année 2020. Syrie, Libye, Haut-Karabakh, mer Égée, Chypre… Autant de fronts où la Turquie a mobilisé ses troupes et enkysté sa présence pour s’imposer en incontournable partenaire de la sortie de crises que Recep Tayyip Erdogan a lui-même attisées à dessein.

Il a aussi alimenté avec l’Union européenne une confrontation sans filtre, engagée depuis quelques années. Quand Emmanuel Macron affûte sa loi sur le « séparatisme islamiste », il met en doute sa « santé mentale ». Dans le même temps, deux des trois mouvements musulmans qui rejettent la « charte des principes pour l’islam de France » sont turcs. Les Loups gris pro-Erdogan (interdits depuis novembre 2020 en France) agressent la communauté arménienne et les pressions d’Ankara se multiplient contre les militant·es kurdes. Mais c’est en Turquie que l’avidité de pouvoir d’Erdogan s’exprime le plus implacablement – démocratie piétinée, droits humains cadenassés, répression arbitraire. Sur fond d’un laisser-faire de l’Union européenne et, jusqu’à présent, des États-Unis, qui interroge sur leur volonté de s’opposer aux ambitions d’un autocrate désormais proche du dictateur.

Monde
Temps de lecture : 1 minute
Soutenez Politis, faites un don.

Chaque jour, Politis donne une voix à celles et ceux qui ne l’ont pas, pour favoriser des prises de conscience politiques et le débat d’idées, par ses enquêtes, reportages et analyses. Parce que chez Politis, on pense que l’émancipation de chacun·e et la vitalité de notre démocratie dépendent (aussi) d’une information libre et indépendante.

Faire Un Don

Pour aller plus loin…

Affaiblie, Giorgia Meloni droite dans ses bottes
Analyse 8 avril 2026 abonné·es

Affaiblie, Giorgia Meloni droite dans ses bottes

Après des discours musclés en campagne électorale, Giorgia Meloni s’est employée à rassurer les marchés et ses alliés internationaux recouvrant sa radicalité d’extrême droite originelle. Mais depuis sa défaite électorale au référendum de mars, la première ministre italienne semble renouer avec de vieilles tentations autoritaires.
Par Olivier Doubre
Résister aux lois sécuritaires : la leçon italienne
Récit 8 avril 2026 abonné·es

Résister aux lois sécuritaires : la leçon italienne

À un an de la fin de son mandat, Giorgia Meloni fait face à sa première véritable crise politique. Si l’on regarde en arrière, elle n’est en mesure de revendiquer que des mesures construites sur une série de paniques morales. Mais les mouvements sociaux italiens ont su lui porter la contradiction.
Par Giovanni Simone
Meloni : derrière le vernis modéré, un défouloir politique
Décryptage 8 avril 2026

Meloni : derrière le vernis modéré, un défouloir politique

En trois ans et demi à la tête du gouvernement italien, Giorgia Meloni a tenu la distance sans vraiment tenir ses promesses de révolution néofasciste.
Par William Jean
« Giorgia Meloni a pris une place centrale dans l’internationale des nationalismes »
Entretien 8 avril 2026 abonné·es

« Giorgia Meloni a pris une place centrale dans l’internationale des nationalismes »

Nicola Fratoianni, le codirigeant d’Alleanza Verdi e Sinistra (Alliance des Verts et de la Gauche) se réjouit de la victoire du « non » au référendum sur la réforme de la justice voulue par le gouvernement d’extrême droite de Giorgia Meloni. Ce sursaut constitue pour lui un espoir pour le bloc progressiste.
Par Olivier Doubre