L’impossible sionisme de gauche

L’historien Thomas Vescovi dresse le bilan inédit d’une utopie qui a fini par succomber à ses contradictions internes.

L’histoire n’est jamais écrite d’avance, mais il arrive qu’elle soit prévisible. Avec le sionisme de gauche, l’échec semblait inscrit dans les mots. Dès les premières pages de son livre, Thomas Vescovi expose la contradiction : « Être de gauche peut renvoyer à une démarche universaliste […], la justice sociale pour tous […], l’accès des peuples à l’égalité et à la liberté », alors que le sionisme « n’entend défendre que les juifs ». Cette impossibilité originelle provoque rapidement une fracture au sein de la gauche israélienne qui allait mener le Parti communiste israélien à la scission et donner naissance, dès 1962, au Matzpen (La Boussole), seule organisation réellement antisioniste, partisan d’un État binational laïque. Le mérite de ce spécialiste de l’histoire contemporaine est de faire place à cette gauche « non sioniste », anticoloniale, minoritaire, mais qui n’a jamais été dans l’imposture et fut immédiatement la cible d’un déchaînement de haine, en premier lieu de la part de la gauche sioniste, celle du Mapaï, longtemps hégémonique dans le jeune État.

Un autre grand mérite du livre de Vescovi est de révéler ce qui nous paraît être aujourd’hui une évidence. Ce courant sioniste, celui de Golda Meir, de Shimon Peres et de Yitzhak Rabin, n’a jamais voulu la paix parce qu’il n’a jamais admis l’idée d’un véritable État palestinien.

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