« Je n’ai pas choisi cette vie, je n’étais qu’une enfant »
Parmi les femmes encore prisonnières des camps kurdes, certaines ont été emmenées très jeunes par des parents radicalisés. Elles n’ont pas été rapatriées en priorité.
dans l’hebdo N° 1720 Acheter ce numéro
Vous saviez qu’ils étaient extrémistes… Pourquoi, quand on m’a imposé le voile à 10 ans sous prétexte que j’étais pubère, vous n’avez rien fait ? J’étais qu’une gosse, merde ! » Ces quelques lignes couchées par Julia* en juin 2019 sur une feuille arrachée d’un cahier d’écolier sont adressées à sa famille et à la société française. La jeune femme, alors prisonnière à Al-Hol avec ses deux enfants, dit avoir été emmenée par le mari que ses parents lui ont choisi. « On m’a imposé de me marier à un extrémiste… Je n’avais que 17 ans. »
Dans sa lettre, elle supplie la France de la reprendre : « Encore aujourd’hui, je dois subir. Je n’en peux plus de cette vie, je veux rentrer dans mon pays, je veux choisir ma vie maintenant, il n’est pas trop tard : je n’ai que 25 ans… » Un appel resté lettre morte, alors que l’une de ses deux filles présentait tous les signes d’une malnutrition sévère. Et puis, un jour, Julia s’est enfuie, évaporée dans la guerre.
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