« Emmanuel Macron intoxique le débat climatique »

Alors que s’ouvre la COP 27, Clément Sénéchal, chargé de campagne climat à Greenpeace France, dénonce l’inquiétant manque d’ambitions de la France.

Vanina Delmas  • 2 novembre 2022 abonné·es
« Emmanuel Macron intoxique le débat climatique »
© Le Président a développé tout le registre du greenwashing autour du techno-solutionnisme. (Photo : Joël Saget/AFP.) (Photo Clément Sénéchal : DR.)

Après un été dramatique à cause des sécheresses et des inondations qui ont fait des milliers de victimes aux quatre coins du monde, en particulier dans les pays du Sud, on peut espérer une réaction à la hauteur de la communauté internationale. Ce contexte jouera sûrement lors de la conférence mondiale sur le climat (COP 27), qui se déroule du 6 au 18 novembre à Charm El-Cheikh, en Égypte.

Clément Sénéchal, de Greenpeace France, espère des engagements forts et précis sur la question des énergies fossiles, pour plus de justice climatique envers les pays du Sud. Il scrutera également la position de la France, qui a perdu depuis longtemps son image de championne du monde du climat.

À la fin de la COP 26, les engagements nous conduisaient vers une hausse des températures de 2,4 °C à la fin du siècle. Où en sommes-nous sur les objectifs climat des États ?

Clément Sénéchal : Un des piliers de cette COP 27 est la question de l’atténuation, appuyée sur les objectifs climatiques, les résultats et les politiques publiques. L’an dernier, les engagements n’étaient pas suffisants pour avoir une chance de limiter la hausse des températures à 1,5 °C, qui est l’objectif de l’accord de Paris.

À la suite d’une décision de la COP 26 l’an dernier, les États avaient jusqu’au 23 septembre pour rehausser leurs engagements et tenter de rattraper ce retard. Seuls 24 pays ont répondu. Ni l’Union européenne ni la France ne l’ont fait. Un cas intéressant : l’Australie, grâce au changement de gouvernement, qui tranche avec le précédent, ultra pro-énergies fossiles.

Dans son rapport faisant l’inventaire des « contributions déterminées au niveau -national », l’ONU affirme qu’avec les objectifs actuels nous arriverons à + 10,6 % d’émissions de gaz à effet de serre (GES) sur la période 2010-2030, alors que le rapport spécial du Giec en 2018 expliquait qu’il nous faudrait parvenir à – 45 %. Le décalage est abyssal.

Les COP ne sont-elles pas de plus en plus à contretemps, vu l’urgence climatique ?

En effet, le changement climatique est en train de dévorer vivantes la planète et les populations les plus vulnérables, avec une accélération du rythme et une intensification des impacts. On l’a vu cet été avec les inondations au Pakistan. Le Giec estime que la moitié de la population mondiale est déjà affectée

Envie de terminer cet article ? Nous vous l’offrons !

Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter quotidienne :

Vous préférez nous soutenir directement ?
Déjà abonné ?
(mot de passe oublié ?)
Écologie
Temps de lecture : 9 minutes

Pour aller plus loin…

« Le nucléaire a contribué à faire croire que l’on pouvait avoir une croissance matérielle infinie »
Entretien • 16 septembre 2026

« Le nucléaire a contribué à faire croire que l’on pouvait avoir une croissance matérielle infinie »

Docteur en philosophie des techniques, Ange Pottin s’évertue depuis une dizaine d’années à montrer que l’industrie nucléaire est profondément ancrée dans la terre par ses impacts. Loin de la vision hors sol qu’elle veut nous vendre.
Par Vanina Delmas
Chez les Écologistes, pas de frictions sur la fission
Analyse • 16 septembre 2026 abonné·es

Chez les Écologistes, pas de frictions sur la fission

Face aux enjeux climatiques, les forces pronucléaires gagnent du terrain. Mais du côté des Verts, la ligne est infranchissable, tant l’opposition à l’atome est un combat fondateur de l’histoire du parti.
Par Lucas Sarafian
Nucléaire : les sirènes de l’énergie « décarbonée »
Analyse • 16 septembre 2026 abonné·es

Nucléaire : les sirènes de l’énergie « décarbonée »

L’urgence climatique fait vaciller les convictions sur le nucléaire au sein du mouvement militant écologiste. Mais c’est peut-être pour aller vers une nouvelle convergence des luttes.
Par Vanina Delmas
Incendies dans la forêt de Fontainebleau : « C’est un paysage lunaire »
Reportage • 14 septembre 2026 abonné·es

Incendies dans la forêt de Fontainebleau : « C’est un paysage lunaire »

Ce printemps-été 2026 a été une épreuve pour les forêts. 2 200 hectares de celle de Fontainebleau ont été brûlés. Le plus gros incendie depuis la Seconde Guerre mondiale. La faune et la flore, abîmées par les canicules à répétition, doivent encore résister à une sécheresse persistante. Reportage.
Par Céline Martelet et Maxime Sirvins