Procès Le Scouarnec : informés, l’Ordre des médecins et le ministère n’ont rien fait

Informées de la première condamnation de Joël le Scouarnec pour détention d’images pédopornographiques, les différentes strates hiérarchiques et administratives ont choisi de ne pas agir.

Hugo Boursier  • 24 février 2025 abonné·es
Procès Le Scouarnec : informés, l’Ordre des médecins et le ministère n’ont rien fait
Ouverture du procès du chirurgien à la retraite Joël Le Scouarnec, accusé d'avoir agressé ou violé 299 patients, au tribunal correctionnel de Vannes, le 24 février 2025.
© Damien MEYER / AFP

Le garant de « l’intégrité de la profession médicale ». C’est ainsi que se définit le Conseil national de l’Ordre des médecins. Et c’est précisément sur ce point qu’ont souhaité réagir 58 médecins, dans une lettre publique adressée au président de cette institution, François Arnault, et à ses 57 membres. Alors que s’ouvre à Vannes, ce lundi 24 février, le procès de Joël Le Scouarnec, un chirurgien accusé d’avoir commis viols et agressions sexuelles sur 299 patient·es, en moyenne âgés de 11 ans, le rôle du conseil de l’ordre interroge.

Dans un communiqué publié le 13 février, cette instance a annoncé se constituer partie civile à l’audience. « Nous souhaitons vivement que ce procès, dans la continuité de l’instruction, permette de faire toute la lumière sur les crimes abominables commis et que la Justice prononce une condamnation exemplaire, à la hauteur des faits allégués. C’est dans cette intention, ainsi que pour garantir l'intégrité de la profession médicale, que le Conseil national de l’Ordre des médecins a décidé d’être partie civile à l’audience », précise le texte.

Une décision qui a choqué de nombreux médecins, décidés à pointer du doigt l’inaction du Conseil de l’ordre sur le cas Joël Le Scouarnec. « Alors que les conseillers ordinaux prétendent être les 'garants de l'intégrité de la profession médicale', nous venons leur rappeler que l'institution ordinale a laissé dans l'impunité durable Joël Le Scouarnec jusqu'en 2017, date à laquelle il a demandé lui-même sa radiation du tableau ordinal », écrivent-ils.

Ce lundi, devant le palais de justice de Vannes comme et devant le Conseil national de l’Ordre des médecins, à Paris, un rassemblement a été organisé par une trentaine d’organisations, dont le Syndicat de la médecine générale ou encore le collectif « NousToutes de Vannes ». Une banderole

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