Municipales, scrutin crucial : suivez notre direct
Édition spéciale : suivez le direct de Politis pour comprendre les enjeux du premier tour des municipales et posez vos questions sur notre compte Instagram.

Édition spéciale. Pendant tout le week-end, tous les articles, reportages, enquêtes et décryptages liés aux élections municipales sont en accès-libre.
Six ans qui sonnent comme une éternité. En 2020, dans un contexte marqué par la crise du covid-19 et une très forte abstention, les Écologistes avaient créé la surprise aux élections municipales en remportant, dans le sprint final, plusieurs grandes villes, dont Lyon et Strasbourg. Le Printemps marseillais avait fleuri sur la cité phocéenne et le Parti socialiste (PS) avait su garder de nombreuses métropoles dans son giron.
L’extrême droite, elle, avait conquis certaines communes, comme Perpignan, Moissac (Tarn-et-Garonne) ou Bruay-La-Buissière (Pas-de-Calais), mais son bilan demeurait plus que mitigé. La France insoumise, moins forte à l’échelle locale, s’était surtout alliée à des initiatives citoyennes. Sa stratégie de soutien et d’implantation dans les quartiers populaires s’installait petit à petit.
Six ans plus tard, le paysage politique a considérablement changé. Le Rassemblement national (RN) pourrait se hisser en très bonne position pour remporter de nombreuses communes, comme Lens la rouge ou Toulon la droitière, celle-là même où le Front national (FN), en 1995, avait implosé en plein vol, perturbé par de fortes turbulences judiciaires. Atone et exsangue politiquement, la Macronie n’existe plus.
Quant à la gauche, elle reste divisée dans de très nombreuses communes. Et se décompose, ici à Lille ou à Vaulx-en-Velin, en conflit ouvert, ou en sourdine, comme à Evry. Pour cause : lorsque la mairie sortante est de droite, la gauche n’apparaît unie que dans une seule ville : Beauvais. Constante depuis 2020, une dynamique se confirme en 2026 : l’attrait pour les listes citoyennes. Un phénomène qui souligne l’affection des non-professionnels de la politique pour la chose publique. Mais aussi une volonté affirmée de renouvellement.
Une fois n’est pas coutume, Politis est sur le terrain. Votre média indépendant, qui couvre ces élections depuis plusieurs semaines partout en France, organise un live depuis Toulon, Lens, Beauvais, Paris et ses QG. Sur Instagram, notre canal permet de poser toutes les questions que vous voulez. À la rédaction, les journalistes sont aussi là pour recueillir les témoignages et rappeler les contextes locaux. Et depuis samedi matin, tous les articles relatifs à ces élections sont en accès libre. C’est parti !
À Beauvais, les derniers électeurs se pressent pour aller glisser leur scrutin dans l’urne
Dans le quartier Saint-Jean, l’un des trois quartiers prioritaires de la ville, ils étaient 48 % d’inscrits à s’être rendus dans les bureaux de vote de l’école maternelle Pablo Picasso à 17 h 30. Pourtant, rares sont ceux à souhaiter s’exprimer sur cette campagne municipale au contexte tendu. (Dans la nuit du vendredi au samedi, Meissa Hanaty, une des colistieres de Roxanne Lundy a porté plainte pour agression contre l’un des soutiens de Frank Pia, qui l’aurait frappée à coups de balais lors d’une dernière séance de collage d’affiches.)
Quelques kilomètres plus loin, à la sortie des bureaux de vote de l’agglomération du Beauvaisis, Kevin déplore l’existence de « guéguerres » entre les listes et dénonce une campagne insuffisamment axée sur les enjeux locaux. « Moi, je m’intéresse à la personne qui aura les épaules pour devenir le prochain maire de Beauvais », déclare celui qui imagine un duel Pia-Lundy au second tour. À 18 h, la sirène retentit. Le dépouillement peut commencer.
Lens : « Je ne sais pas si l’extrême droite ça va changer quelque chose »
« Même ici ? » s’étonne Sofia* en apprenant que Lens pourrait basculer RN. La jeune femme en études d’informatique, algérienne, vit depuis 2 ans à Lens, « une ville grise et calme ». « De toute façon, lâche-t-elle, le racisme il est déjà là. » L’étudiante qui porte le voile « n’a pas eu de soucis » à l’université. Mais elle a entendu que certaines de ses camarades, s’étaient vu demander d’enlever leur voile pour entrer en TD. « Je ne sais pas si l’extrême droite ça va changer quelque chose. Mais peut être que ce sera plus chaud encore… », lâche-t-elle.
Prénom changé.
Second tour et tractations nocturnes
Après le premier tour, certaines municipalités vont se retrouver avec des triangulaires, quadrangulaires, voire quinquangulaires pour élire leurs maires. Dès ce soir, les tractations entre les partis vont démarrer et sans doute se prolonger tard dans la nuit et probablement demain aussi toute la journée. Avec une question centrale pour la gauche et les écologistes : dans les villes de reconquête ou de conquête comme Limoges, Le Havre ou Toulouse, les listes d’union de la gauche sauront-elles s’entendre avec les insoumis ? Les socialistes ou les écologistes sortants tendront-ils la main aux insoumis s’ils sont en tête des scrutins (Lyon, Marseille, etc.) ? Insoumis et écologistes seront-ils tentés par des accords sans les socialistes pour faire tomber leur mairie, comme à Lille par exemple ?
Les candidats ont jusqu’à mardi 17 mars 18 h pour déposer leurs listes, fusionnées ou non. Dans ce cadre, une alternative a été proposée par les insoumis qui consiste, sans accord politique, à faire une fusion « technique » des listes : il s’agit pour les listes qui sont en situation de se maintenir (il faut faire plus de 10 %), de regrouper leurs candidats sur une seule liste, afin d’augmenter leurs chances de gagner. C’est une fusion stratégique, souvent négociée entre les tours, avec répartition des places sur la nouvelle liste.
Paris : l’attente pour Emmanuel Grégoire
Devant la Rotonde de Stalingrad dans le 19ᵉ arrondissement de Paris, la presse fait les 100 pas sur le parvis. C’est dans ce restaurant-club branché du nord-est parisien que le favori socialiste Emmanuel Grégoire a décidé de poser ses bagages pour sa soirée électorale. Les équipes s’affairent pour tout préparer alors que les premiers résultats sont attendus à 20 h. L’héritier d’Anne Hidalgo devra-t-il faire « chauffer le téléphone » pour convenir d’une alliance au second tour en cas de score élevé de la France insoumise ? Pour l’heure, Emmanuel Grégoire se montre confiant. Selon le ministère de l’Intérieur, les chiffres de participation parisienne s’élèverait à 44,01 % à 17 h.
À Mulhouse, un colistier d’extrême droite sera jugé pour un salut nazi
Les doigts serrés, le bras tendu. Le geste, qui a provoqué l’ouverture d’une enquête préliminaire par le parquet de Mulhouse pour ses ressemblances avec un salut nazi, a été réalisé par Anthony Thoma, colistier sur une liste d’extrême droite proche de Reconquête !, le 8 mars. L’intéressé, qui nie les faits, comparaîtra devant le tribunal correctionnel le 11 mai pour le chef d’apologie de crime contre l’humanité, apprend-on de France 3 Grand Est.
À Tours, la tournée des popotes en électrique s’achève
Dans la préfecture d’Indre-et-Loire, le maire écolo Emmanuel Denis vient de terminer sa tournée des bureaux de vote. Entre-temps, il a rangé son vélo pour conduire une Renault Zoe, une voiture électrique. Le soleil se couche un peu et aucun incident majeur n’a été relevé. Après avoir arpenté toute la journée les gymnases, les écoles ou les crèches, le maire doit désormais attendre les résultats du scrutin. Ensuite, lui et son équipe stratégique devront répondre à certaines questions dans la nuit. Comment fusionner avec les insoumis qui font bande à part ? Est-ce que le score de la droite de l’ancien maire et ex-président de l’Olympique de Marseille Christophe Bouchet sera important ? Est-ce que la stratégie d’isolement de La France insoumise (LFI) aura eu un fort impact ? En 2020, Emmanuel Denis avait recueilli 35,6 % des suffrages ; Bouchet 25,6 %.
La politique de la chaise vide
Le siège de mon collègue journaliste politique est bien vide… C’est normal : Lucas Sarafian est à Tours où il suit le maire sortant écologiste, Emmanuel Denis. Depuis des semaines, il enchaîne les papiers pour décrypter les enjeux de cette élection, notamment à gauche. Il y a encore 48 heures, il était à Lille, où se joue une bataille toute particulière. On vous en dit plus ici.
À Lens : « Moi ce qui m’inquiète, c’est qu’il y avait personne dans le bureau de vote »
Paule, 79 ans, sort tout juste du bureau de vote, à Lens. « Mon père me disait toujours : “on s’est battus pour ce droit, il faut l’utiliser”. Moi ce qui m’inquiète, c’est qu’il y avait personne dans le bureau de vote ». Et la possible victoire du Rassemblement national ? « Bah, c’est peut être la faute des autres aussi », lâche celle qui ne dit pas quel bulletin elle a mis dans l’urne. Les « autres », c’est la mairie actuelle dirigée par Sylvain Robert (PS) depuis 2013. Paule se souvient avoir emménagé dans une « ville qui était très commerçante, avec une très belle rue piétonne ».
Si les commerces ont fermé les uns après les autres, pense-t-elle, c’est à cause du « stationnement payant ». D’un bras qui montre la rue vide de passants, elle déplore « la ville qui meurt de ce côté-ci. Et de l’autre, près du stade, c’est une ville nouvelle qui n’a plus rien à voir avec les maisons Art déco ». Ça l’attriste, mais plus pour très longtemps. Dans une poignée de semaines, elle quittera bientôt Lens pour s’installer à Calais et se rapprocher de ses enfants.
Devant le bureau de vote, Eve, elle, 20 ans, attend que ses parents sortent. Frange dernier cri et foulard fashion autour du cou, Eve a grandi ici. Elle cherche un emploi et à monter son entreprise dans le domaine de la mode. Eve trouve ça important de voter : « Pour le droit des femmes » dit-elle. Le risque de bascule RN lui fait peur « clairement, avec tout ce qu’ils font ailleurs ». Autour d’elle, un tas de gens ne vont pas voter, « par flemme » ou parce que « de toute façon c’est le RN qui va passer ».
Annie a 76 ans, dont 16 de vie commune avec son chien, un dénommé Cookie, qui frétille au bout de sa laisse pendant qu’elle opère son tri sélectif. La politique, elle ne veut « pas en parler ». Elle nous lâche quand même qu’elle est allée voter. Ce qu’elle tient surtout à dire, c’est que « si c’était à refaire », elle ne se serait pas mariée. Pour suivre son époux, elle a quitté son « terter », une commune près de Rambouillet pour s’installer ici, dans le bassin minier. Et 48 ans plus tard, elle ne s’y « fait pas ».
Son mari, un ancien prof dont elle s’occupe depuis 18 ans parce qu’il est malade, parle toujours de l’Éducation nationale, peu importe que « ça fasse 15-20 ans qu’il est en retraite ». Parfois, elle aimerait parler d’autre chose, de son jardin par exemple, dans lequel elle met beaucoup d’énergie. Cookie veut se tirer, Annie hausse les épaules : dans cette vie « pas toujours facile », ce ne sont pas les élections qui la préoccupent le plus. Quant au maire, lâche-t-elle quand même, elle espère « qu’il repassera, même s’il a ses défauts ».
Calais : dans la ville-frontière, la droite favorite
Imaginez un Calaisis démilitarisé, des conditions d’accueil dignes, des associations respectées. C’est ce que promettent les listes de gauche qui s’affrontent, désunies, face à la maire sortante divers droite et ultra favorite, Natacha Bouchart, dans cette ville du Pas-de-Calais. Un sondage Ifop publié le 6 mars annonçait même une potentielle qualification de l’édile dès le 1er tour. Notre journaliste, Pauline Migevant, a interviewé Juliette Delaplace, 2e sur la liste « Calais à gauche toute » cette semaine. L’associative revenait sur cette volonté collective de changer Calais.
À Lens, le RN peut-il l’emporter ?
Sylvain Robert (PS) face à Bruno Calvet (RN). Le match ressemble à celui de 2020. Aux dernières municipales, Sylvain Robert, maire de Lens depuis 2013, remportait dès le premier tour face à Bruno Calvet avec 52 % des voix. Une situation qui pouvait étonner, au vu des scores croissants de l’extrême droite dans le bassin minier. Jusque-là, ces succès électoraux au niveau national se traduisaient peu aux élections locales : le RN ne dirigeant que 2 des 251 communes du bassin minier.
Comme l’écrit Pierre Wadlow, chercheur en science politique, ce qui s’est joué en 2020 à Lens s’inscrit dans une dynamique qui a « longtemps favorisé la gauche, en dépit de la progression du RN aux élections présidentielles ». À savoir, l’opposition entre un « candidat socialiste, présenté comme un “gars du coin”, et le candidat frontiste, souvent décrit comme un “parachuté” ». Mais depuis 2020, le contexte a évolué. Car entre temps Bruno Calvet a été élu député de la circonscription en 2024, lui donnant un ancrage local qu’il n’avait pas alors. Cela suffira-t-il à l’extrême droite pour remporter la mairie ? « Rien n’est écrit », souffle une cadre du PS à Politis.
À Tours, le maire fait du vélo
À Tours, le maire écolo Emmanuel Denis et une partie de son équipe font le tour des bureaux de vote, chevauchant un vélo électrique. Objectif de la mission en cette journée ensoleillée : vérifier s’il n’y a aucun incendie et jauger les taux de participation. Après un petit passage dans les bureaux de vote du quartier populaire du Sanitas, la petite bande passe dans les sept bureaux de l’école élémentaire de Velpeau, la participation est importante. Le maire serre des mains, on le salue.
À la sortie, une électrice lui lance : « J’espère que vous allez gagner. » Faut-il y voir un signe ? Le maire lui dit quelques mots. Dans cette préfecture d’Indre-et-Loire, Emmanuel Denis semble plutôt serein. En 2020, il avait gagné la ville en portant une très large union de la gauche, des socialistes aux insoumis, en passant par Place publique, les verts, les communistes et divers collectifs citoyens. Cette année, l’heure est à la division. Comme partout en France (sauf Beauvais), les insoumis font bande à part. C’est l’adjointe Marie Quinton, chargée du logement, qui porte sa propre liste face à l’édile.
48,90 % : la participation à 17 h, selon le ministère de l’Intérieur
C’est 10 points de plus qu’en 2020 (dans un contexte de faible mobilisation liée au covid) mais en très nette baisse par rapport aux municipales de 2014, qui sont sans doute le point de référence plus significatif. Ce midi, la participation dans les villes de plus de 100 000 habitants connaissait une plus forte augmentation, comme à Paris (+ 12 points par rapport à 2020 et + 6 par rapport à 2014), Marseille ou Lyon. Selon un sondage publié cet après-midi, la participation de ce soir, après la fermeture des bureaux de vote, pourrait s’élever à 57,6 %, soit un résultat très en-deçà des prévisions sondagières qui prévoyait une mobilisation historique pour beaucoup d’instituts. Depuis plusieurs décennies, la participation ne cesse de décroître quand, dans les années 80, le taux de participation aux municipales s’élevait à 80 %.
Mode de scrutin, parité, sénatoriales : explications en vidéo
On vote plusieurs fois à Paris (comme à Lyon et Marseille)
À deux pas de la mairie du 18ᵉ arrondissement, une petite école maternelle s’est transformée en bureau de vote pour le premier tour des élections municipales. Ici, la réforme du mode de scrutin – pour Paris, Lyon et Marseille – est mise à l’épreuve. Un bureau de vote, mais deux salles et deux urnes. L’une pour le conseil municipal et l’autre pour la mairie d’arrondissement. Pour que les votants ne soient pas déboussolés, un jeune homme indique d’un geste de la main et en quelques mots qu’il faut voter deux fois.
Après une forte affluence entre 11 h et 14 h, les équipes du bureau de vote s’attendent à la vague de 17 h. Pour l’heure, la participation est très haute avec plus de deux-tiers des inscrits ayant déjà voté. Dans cet arrondissement, le socialiste Éric Lejoindre brigue un troisième mandat à la tête de la mairie. Il fait face notamment à la députée insoumise Danièle Obono, candidate à la mairie d’arrondissement, réélue dans cette circonscription en 2024 avec 64 % des voix dès le premier tour des législatives.
À Lens, un premier tour serré
Lens est connu pour son club de foot. Mais ce soir, dans cette ville du Pas-de-Calais emblématique du bassin minier, un autre match se joue, celui des municipales. Trois listes en tout : une liste d’union de la gauche, menée par Sylvain Robert, maire de la ville depuis 2013. Face à lui, Bruno Calvet, candidat RN devenu député en 2024. Et une troisième liste qui s’est immiscée début mars, celle de Lutte ouvrière. Entre les deux premiers, le résultat s’annonce serré. À l’issue des élections, la ville de 33 000 habitants, dirigée par la gauche depuis plus d’un siècle, pourrait bien basculer à l’extrême droite.
Beauvais : l’union inédite
À Beauvais (Oise), ville de 55 000 habitants, la reconduction du maire sortant Franck Pia est menacée par la candidature de Roxanne Lundy, tête de liste d’une union de la gauche quasi inédite, qui rassemble du Parti socialiste (PS) et Place publique (PP) jusqu’aux insoumis. Dans cette commune aux mains de la droite depuis un quart de siècle, Caroline Cayeux, maire de 2001 à 2022, avait été réélue dès le premier tour des élections municipales de 2020, avec 50,75 % des voix.
En 2026, l’issue du scrutin devrait néanmoins se jouer au second tour. D’après un sondage réalisé par Cluster 17 pour Le Courrier Picard, les Beauvaisiens pourraient se retrouver face à une triangulaire entre les listes menées par Franck Pia (UDI), Roxanne Lundy (Génération.s) et Claire Marais-Beuil (Rassemblement national).
À Toulon : le risque du Rassemblement national
Le RN a coché la plus grande ville du Var comme un de ses objectifs prioritaires des municipales. Pour ce faire, c’est Laure Lavalette, députée RN, qui brigue la mairie dans un scrutin qui s’annonce particulièrement serré.
La stratégie de la très proche de Marine Le Pen est simple : se démarquer de son parti. Sa liste, « Un avenir pour Toulon », n’est pas officiellement RN. Le logo du parti à la flamme n’est ni sur les tracts, ni sur les affiches. « Elle a tout fait pour lisser son image, mais il ne faut pas se laisser avoir, elle est dangereuse. Très dangereuse », note Manon Magagnosc, de l’union départementale CGT 83.
La syndicaliste espère que « les Toulonnais ont de la mémoire », manière d’évoquer le premier mandat catastrophique du parti à la flamme à la fin des années 90. « C’est sans doute aussi pour cela que le logo du RN a disparu de la campagne. Mais les gens ne sont pas dupes », assure celle qui, avec son syndicat, regrette la division des partis de gauche dans de nombreuses communes du département.
À Toulon, LFI fait cavalier seul, tandis qu’une autre liste d’union des gauches (PS, PC, EELV notamment) se présente et espère atteindre le second tour. « Ces divisions ont créé une déception dans nos rangs. Le risque est immense, mais les intérêts individuels et nationaux ont pris le pas sur l’intérêt collectif, notamment dans le Var où on connaît le risque. »
Aux dernières législatives, le candidat Renaissance l’avait emporté d’une courte tête devant le RN, bénéficiant du front républicain. Cela se reproduira-t-il aux municipales ? La gauche acceptera-t-elle de disparaître au profit de Josée Massi, maire sortante de droite et principale rivale de Laure Lavalette ? « Nous appellerons à la discussion avec tous les républicains après le premier tour », assure seulement Magali Brunel, à la tête de « Toulon en commun », la liste d’union des gauches. Laure Lavalette, elle, espère bénéficier de la division à gauche comme à droite (qui présente deux listes) pour l’emporter dès le premier tour. Ce serait un raz-de-marée.
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