L’élan Intersections

Politis organisait ce week-end du 28 et 29 juin son premier Festival Intersections, avec l’objectif de donner toute leur place aux femmes, aux minorités, aux personnes invisibilisées et à celles et ceux que l’extrême droite déteste et préfère réduire au silence. Une première édition confirmant qu’il existe un désir de penser, de débattre et d’agir collectivement.

Pierre Jacquemain  et  Monique Hendrickx  • 30 juin 2026
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L’élan Intersections
Rokhaya Diallo, présidente de Politis, sur la scène de Petit Bain, avec Annie Ernaux, le samedi 28 juin 2026.
© Maxime Sirvins

Plus de 500 personnes ont répondu présentes, malgré une canicule écrasante, au Festival Intersections de Politis, les 27 et 28 juin. Débats, conférences, ateliers, lectures… Cette première édition a fait vivre ce que nous voulions défendre. Un espace où les idées circulent et se confrontent, dans une atmosphère de convivialité et de création. Nous tenons à remercier les équipes de Petit Bain, dont l’accueil et la disponibilité ont largement contribué à la réussite de ces deux journées, ainsi que la dessinatrice Ana Pich, qui a croqué l’événement.

Nous voulons également saluer les équipes de Politis, qui font vivre chaque jour le journal avec engagement et exigence, malgré une actualité dense et des défis nombreux pour la presse indépendante. Leur travail quotidien est la force invisible qui permet à ces moments d’exister. Parce que ce festival n’est pas un événement isolé. Il s’inscrit dans une séquence particulièrement riche pour Politis.

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Ces dernières semaines, nous avons publié un hors-série consacré à la société civile qui interpelle la gauche, un numéro spécial sur la création musicale et l’Appel des 1 000 contre la concentration industrielle et l’extrême droite, un livre, Intersections, aux éditions Arcanes 17, et ouvert un nouveau chapitre de notre histoire avec l’élection de Rokhaya Diallo à la présidence de Politis. Le festival est venu donner une forme concrète à cette dynamique.

Depuis plusieurs années, notre rubrique « Intersections » propose de penser les rapports de domination plutôt que de les hiérarchiser. Questions de classe, de genre, de race, de handicap ou d’écologie ne se juxtaposent pas : elles s’entrecroisent et façonnent les réalités sociales. C’est cette conviction qui a traversé les échanges de ce week-end. Nous y avons rencontré un public jeune, féminin, curieux, désireux de débattre autant que d’agir. Une jeunesse qui n’attend pas qu’on lui décrive le monde mais cherche à participer à sa transformation. Ce fut sans doute l’un des enseignements les plus stimulants de cette première édition.

Le public du Festival Intersections, à Paris, ces 28 et 29 juin. (Photo : Maxime Sirvins.)

Cette dynamique se retrouve aussi dans la vie du journal. Les ventes au numéro progressent et notre campagne d’abonnement a déjà convaincu plus de 1 200 nouveaux lecteur·rices en quelques jours. Au-delà des chiffres, c’est un signe encourageant. Dans un paysage médiatique saturé de commentaires instantanés et de simplifications, il existe un espace pour une presse indépendante qui prend le temps de l’analyse et de la contradiction.

Si nous continuons d’élargir cette communauté de Politisien·nes, c’est notre capacité collective à peser dans le débat public qui grandira.

Mais un journal comme le nôtre ne grandit pas grâce aux campagnes de communication. Il grandit parce que ses lecteur·rices le font circuler. Parce qu’ils offrent un abonnement – dont l’actuel, numérique, au tarif exceptionnel de 1 €/mois –, partagent un article, parlent de Politis autour d’eux. Si nous continuons d’élargir cette communauté de Politisien·nes, c’est notre capacité collective à peser dans le débat public qui grandira. C’est avec cette ambition que nous abordons la rentrée : renforcer un journal capable de combattre l’extrême droite sans jamais renoncer à la rigueur intellectuelle, en défendant une gauche écologique, féministe, antiraciste et résolue dans son refus de toutes les dominations.

Le Festival Intersections, en donnant toute leur place aux femmes – merci tout particulier aux chroniqueuses de la rubrique –, aux minorités, aux personnes invisibilisées et à celles et ceux que l’extrême droite déteste et préfère réduire au silence, en a posé les premiers jalons. Ce n’était qu’une première édition. Mais elle confirme une conviction : il existe un désir de penser, de débattre et d’agir collectivement. C’est avec cette énergie que nous voulons poursuivre l’aventure, avec vous.

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Parti pris

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