Trafic aérien : Les idées reçues volent bas

Non, on ne va pas forcément plus vite en avion… Oui, des alternatives simples existent. Non, on ne va pas doper le chômage. Et si si, c’est vraiment polluant…

Patrick Piro  et  Erwan Manac'h  et  Vanina Delmas  • 30 septembre 2020 abonné·es
Trafic aérien : Les idées reçues volent bas
© PASCAL PAVANI/AFP
« L’aviation n’est pas si polluante »

La formule revient inlassablement : « L’aviation civile représente environ 2 % des émissions mondiales de CO2. » Selon l’Atag (Air Transport Action Group), les vols ont produit 915 millions de tonnes de CO2 en 2019 dans le monde. Or, pour rendre compte plus précisément de l’impact climatique de ce secteur, d’autres paramètres doivent être pris en compte, notamment la croissance du trafic aérien et les rejets d’autres gaz réchauffants : les oxydes d’azote (NOx) et l’ozone (O3) – deux gaz à effet de serre –, ainsi que les traînées de condensation et les cirrus (nuages de la haute atmosphère). « L’effet réchauffant des émissions de l’aérien, appelé forçage radiatif, est ainsi deux fois plus fort qu’en prenant en compte seulement le CO2 », explique Aurélien Bigo, doctorant sur la transition énergétique dans les transports à l’École polytechnique. Sans compter les impacts environnementaux dus à l’extraction du carburant, à la fabrication des appareils et à la construction d’aéroports.

Pour affiner ses études, le chercheur a utilisé les chiffres des émissions de CO2 par voyageur au kilomètre, ainsi que les émissions par heure de trajet, et pris en compte la rapidité de l’avion. « Monter à bord d’un avion rendra votre trajet 125 fois plus émetteur en moyenne que de monter dans une voiture ; et plus de 1 500 fois plus émetteur que de monter dans un train », analyse-t-il dans un article de The Conversation (1). Selon le rapport du cabinet B&L Evolution (lire p. 25), le secteur aérien représente 7,3 % de l’empreinte carbone des Français.

« Tout le monde prend l’avion »

L’encombrement des aéroports, la saturation du trafic aérien ou la multiplication des offres low cost pourraient laisser penser que l’utilisation de l’avion comme moyen de transport s’est étendue à toutes les catégories sociales. Selon une enquête menée en

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Écologie
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