Un reconfinement de retard

Avec la nouvelle flambée de l’épidémie de Covid-19, l’histoire se répète.

Gilles Wullus  • 4 novembre 2020
Partager :
Un reconfinement de retard
© Antoine Wdo / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP

« Un confinement de retard », affichions-nous en une de Politis le 19 mars. L’histoire se répète, avec une nouvelle flambée de l’épidémie de Covid-19. Et des informations qui montrent que cette deuxième vague sera plus meurtrière que la première. L’expérience du printemps montre que le confinement est efficace pour freiner le virus, non pour l’éteindre – seuls un vaccin ou un traitement y parviendront. Or le frein est d’autant plus efficace que le couvercle est étanche : les demi-mesures, tel le couvre-feu, n’ont guère d’impact. Plusieurs voix appelaient à un confinement strict dès la rentrée de septembre, pour espérer un répit avant la fin de l’année.

Le gouvernement n’en a pas pris le chemin, inquiet sans doute d’une mesure impopulaire alors que sa crédibilité était déjà très entamée. Des ministres ont préféré se précipiter dans les surenchères extrémistes après l’ignoble assassinat de Samuel Paty, pensant ainsi détourner l’attention. Jean-Michel Blanquer le premier, qui semble totalement indifférent au sort des enseignant·es, livré·es à un protocole sanitaire indigent. Le 28 octobre, Emmanuel Macron a répété que la France vivait la même crise que ses voisins européens ; c’est vrai, mais il omet de dire que nos voisins ont préparé la rentrée en mobilisant des lieux et du personnel pour garantir l’enseignement. Les profs, le personnel des Ehpad et des hôpitaux, les quartiers populaires déjà délaissés par les services publics, les salarié·es qui ne peuvent télétravailler : une immense part de la population est appelée à monter au front sans sourciller et sans espérer grand-chose en compensation. Le taux de pauvreté a déjà explosé et va sans nul doute s’accroître encore, mais l’équipe Castex s’en moque, focalisée sur son fonds de commerce – les plus riches – et ses dividendes attendus – la présidentielle de 2022.

À LIRE sur ce sujet :

L’école sévère avec Blanquer

À Saint-Étienne, le symptôme de la pauvreté

Dans les Ehpad, les résidents se laissent mourir

Société Santé
Temps de lecture : 2 minutes
Soutenez Politis, faites un don.

Chaque jour, Politis donne une voix à celles et ceux qui ne l’ont pas, pour favoriser des prises de conscience politiques et le débat d’idées, par ses enquêtes, reportages et analyses. Parce que chez Politis, on pense que l’émancipation de chacun·e et la vitalité de notre démocratie dépendent (aussi) d’une information libre et indépendante.

Faire Un Don

Pour aller plus loin…

Au quartier pour mineurs de la prison de Metz, « sans liberté, on fait comme on peut »
Reportage 20 février 2026 abonné·es

Au quartier pour mineurs de la prison de Metz, « sans liberté, on fait comme on peut »

Au quartier pour mineurs du centre pénitentiaire de la ville de Moselle, si les surveillants sont en jogging et les jeunes ne sont plus envoyés au quartier disciplinaire, ces mesures n’ont pas fait disparaître le contrôle et l’isolement, intrinsèques à l’enfermement.
Par Pauline Migevant
« L’expression “ferme France” perpétue un imaginaire paysan bleu-blanc-rouge »
Entretien 20 février 2026 abonné·es

« L’expression “ferme France” perpétue un imaginaire paysan bleu-blanc-rouge »

L’historien Anthony Hamon décrit l’évolution des syndicats agricoles en France, et la façon dont la politique française vante les mérites d’un monde agricole unifié qui occulte ses disparités sociales.
Par Vanina Delmas
Agriculture responsable : que peuvent les petites communes ?
Reportage 19 février 2026

Agriculture responsable : que peuvent les petites communes ?

Certaines collectivités tentent de se réapproprier la politique agricole à l’échelle communale. Pour lutter contre la disparition des petites fermes, et favoriser une alimentation bio et locale.
Par Vanina Delmas
Enquête, extrême droite, impacts politiques après la mort de Quentin Deranque : nos réponses
Direct 19 février 2026

Enquête, extrême droite, impacts politiques après la mort de Quentin Deranque : nos réponses

Après la mort du militant d’extrême droite Quentin Deranque, suite à une rixe avec des antifascistes à Lyon le 14 février, posez vos questions à la rédaction de Politis. Instrumentalisation de l’extrême droite, isolement de la France insoumise, banalisation du fascisme : les réactions après « l’homicide volontaire », selon les termes du procureur de Lyon, ont souligné un véritable séisme politique.
Par Politis