Covid-19 : Contre la crise sociale, l’Argentine taxe ses ultrariches

3,1 milliards d’euros seront ponctionnés sur les 12 000 contribuables les plus riches.

Politis  • 9 décembre 2020
Partager :
Covid-19 : Contre la crise sociale, l’Argentine taxe ses ultrariches
© Le président argentin, Alberto Fernandez, en octobre 2020.Créddit : Maximiliano LUNA / TELAM / AFP

Même la catastrophe sociale qui s’abat sur la France n’a pas convaincu Emmanuel Macron de rétablir l’impôt de solidarité sur la fortune, supprimé dès le début du quinquennat. Un pays pourtant a choisi de taxer ses grandes fortunes pour affronter la crise du Covid-19, l’Argentine, qui n’est pourtant pas gouverné par des gauchistes ou des bolcheviks, mais par les très centristes péronistes.

3,1 milliards d’euros seront donc ponctionnés sur les 12 000 contribuables les plus riches (0,02 % de la population), ceux dont la fortune dépasse les 2 millions d’euros, qui sont souvent des gros producteurs agricoles. « Projet confiscatoire qui instaure une double imposition », ont évidemment hurlé la droite et le patronat, quand bien même ce prélèvement exceptionnel ne représentera que 1 % des recettes fiscales de l’État.

Dans ce pays très inégalitaire, les plus fortuné·es n’ont guère d’égards pour les 44 % de leurs compatriotes qui vivent sous le seuil de pauvreté, car la pandémie – 39 000 morts, 1,5 million de personnes contaminées – a frappé de plein fouet l’économie, qui était en crise depuis 2018 et la fin catastrophique du mandat du président de droite Mauricio Macri. L’équipe au pouvoir entend utiliser ces recettes pour financer des aides sociales, des équipements médicaux pour lutter contre le Covid-19, des bourses pour les étudiant·es et des subventions aux PME. Et consacrer un quart au développement du gaz naturel, pour relancer la croissance, qui devrait plonger de presque 11 % cette année. Si l’Argentine est le premier pays à mettre en place cette contribution des plus riches à l’effort collectif, d’autres pays y réfléchissent. Mais aucun projet de ce type dans les tiroirs de l’équipe Macron.

Monde
Temps de lecture : 1 minute
Soutenez Politis, faites un don.

Chaque jour, Politis donne une voix à celles et ceux qui ne l’ont pas, pour favoriser des prises de conscience politiques et le débat d’idées, par ses enquêtes, reportages et analyses. Parce que chez Politis, on pense que l’émancipation de chacun·e et la vitalité de notre démocratie dépendent (aussi) d’une information libre et indépendante.

Faire Un Don

Pour aller plus loin…

Nucléaire iranien : pour Israël et les États-Unis, cet indéfectible instrument de propagande
Récit 12 mars 2026 abonné·es

Nucléaire iranien : pour Israël et les États-Unis, cet indéfectible instrument de propagande

Le programme nucléaire militaire iranien est au cœur de la rhétorique américano-israélienne pour justifier la guerre contre l’Iran. La campagne de bombardement engagée par le duo Trump-Netanyahou pourrait faire passer le régime dans une autre dialectique nucléaire.
Par William Jean
Dissuasion nucléaire : le pari martial d’Emmanuel Macron
Analyse 12 mars 2026 abonné·es

Dissuasion nucléaire : le pari martial d’Emmanuel Macron

Avec la nouvelle dissuasion avancée, Emmanuel Macron met la doctrine française au cœur du débat stratégique européen. Dans un contexte géopolitique instable, cette évolution se veut être une garantie d’indépendance militaire. Une démonstration de force qui montre aussi ses fragilités.
Par Maxime Sirvins
« L’arme nucléaire est une arme politique, en aucun cas une arme de champ de bataille »
Entretien 12 mars 2026

« L’arme nucléaire est une arme politique, en aucun cas une arme de champ de bataille »

Dissuasion avancée, intérêts vitaux européens, armes tactiques, désarmement : la chercheuse, Maïlys Mangin, décrypte les ressorts et les limites d’une mise à jour stratégique majeure opérée par Emmanuel Macron dans son discours à l’Île Longue.
Par William Jean
Au Chili, José Antonio Kast, le nouvel allié de Donald Trump
Monde 11 mars 2026 abonné·es

Au Chili, José Antonio Kast, le nouvel allié de Donald Trump

Le 11 mars, le président sortant Gabriel Boric a passé officiellement la main à l’ultraconservateur José Antonio Kast, après une période de transition conflictuelle au sujet d’un projet de câble sous-marin avec la Chine. Avec ce nouveau gouvernement, Donald Trump renforce son influence en Amérique latine et accentue les conflits dans la région.  
Par Marion Esnault