Les retrouvailles de la lutte anti-Cigéo

Alors que s’ouvre ce 1er juin le procès de sept opposants au projet d’enfouissement des déchets nucléaires de Bure, la mobilisation est renforcée par la prise de conscience de nombreux élus.

Vanina Delmas  • 1 juin 2021 abonné·es
Les retrouvailles de la lutte anti-Cigéo
Le site de l’Andra attend encore la validation par les services de l’État de la demande de déclaration d’utilité publique.
© JEAN-CHRISTOPHE VERHAEGEN/AFP

La paisible place Saint-Pierre, sur laquelle trône le tribunal de grande instance de Bar-le-Duc, a retrouvé les slogans, les banderoles et la ferveur des militants antinucléaires. Si l’atmosphère se veut joyeuse et déterminée, la raison du rendez-vous est grave. Du 1er au 3 juin, sept personnes comparaissent pour « association de malfaiteurs ». Elles ont été identifiées et ciblées par l’instruction judiciaire ouverte en 2017 comme opposant·es clés au projet Cigéo, ce centre de stockage qui vise à enfouir à terme plus de 80 000 mètres cubes de déchets radioactifs à 500 mètres sous les pieds des habitants de Bure, entre la Meuse et la Haute-Marne. En quatre ans, ce sont vingt domiciles perquisitionnés, dix militant·es interdit·es de se voir, des gardes à vue, une centaine de téléphones placés sur écoute, des balises posées sous des voitures, une cellule spéciale de gendarmerie consacrée à cette surveillance… Sans oublier les contrôles incessants des habitant·es et les procès à la chaîne parfois pour des délits très mineurs.

Nul doute est possible : tous les moyens ont été déployés pour user les militant·es, éteindre l’opposition dans son ensemble. Une stratégie que les sept mis·es en examen vont tenter de reprendre à leur compte pour faire éclater un procès politique : « En englobant toute la lutte dans une instruction, la justice a fait le choix de faire comparaître la lutte à la barre. Ses efforts pour individualiser et isoler des

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Écologie
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