« S’il vous plaît, nous voulons juste demander l’asile »

Chaque jour à la frontière italienne, des dizaines de personnes sont embarquées vers des lieux de privation de liberté où le droit de regard est quasiment impossible.

Chloé Dubois (collectif Focus)  • 18 mai 2022 abonné·es
« S’il vous plaît, nous voulons juste demander l’asile »
Défilé de manifestants, lors de la grande maraude solidaire du 12 mars 2022, près du poste de contrôle de la PAF à Montgenèvre.
© Chloé Dubois

Quelque part sur la route qui descend la montagne, entre Montgenèvre et Briançon (Hautes-Alpes), la voiture de deux maraudeuses doit se ranger sur le côté. Le véhicule civil qu’elles viennent de dépasser n’en était pas un. Alice dit qu’elle s’en doutait. Depuis le rétablissement du contrôle aux frontières intérieures, sans cesse reconduit depuis 2015, les opérations de surveillance sont quotidiennes. Le gyrophare teinté de bleu sonne le glas : c’est bien la police aux frontières (PAF) qui souhaite procéder à une vérification d’identité.

La maraudeuse sait ce que cela signifie pour les trois personnes – une femme et deux hommes – assises sur la banquette arrière. Elle et sa collègue les ont trouvées un peu plus tôt dans les montagnes enneigées de la frontière franco-italienne. Nous sommes début mars et les températures nocturnes avoisinent les – 10 °C. « Nous avons prévenu que nous avions une femme blessée à la cheville dans la voiture et que tous les trois souhaitaient demander l’asile », relate Alice. L’un des hommes le formule d’ailleurs lui-même explicitement : « S’il vous plaît monsieur, on est juste là pour demander l’asile. »

Mais la réponse est non. Les policiers considèrent que « ce n’est pas possible » parce que la voiture se trouve sur une bande de 20 km de large, le long de la frontière. La PAF peut donc notifier un refus d’entrée sur le territoire, assurent les agents à Alice, et ramener les exilé·es jusqu’au point de passage autorisé. Mais il

Envie de terminer cet article ? Nous vous l’offrons !

Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter quotidienne :

Vous préférez nous soutenir directement ?
Déjà abonné ?
(mot de passe oublié ?)

Pour aller plus loin…

Festival de La Ciotat : pourquoi la nomination du successeur de Gérard Darmon continue de poser problème
Cinéma 22 mai 2026

Festival de La Ciotat : pourquoi la nomination du successeur de Gérard Darmon continue de poser problème

Si l’acteur a décidé de se retirer de la présidence du jury du festival, il a été remplacé par le réalisateur Jean-Pierre Améris, dont le dernier long-métrage a été jalonné par des accusations de « remarques humiliantes » de l’acteur sur une technicienne.
Par Hugo Boursier
Data centers : à qui profite vraiment la « souveraineté numérique » ?
Analyse 22 mai 2026 abonné·es

Data centers : à qui profite vraiment la « souveraineté numérique » ?

Brandi comme un étendard par le gouvernement et les géants du numérique, le concept consensuel de « souveraineté numérique » masque une réalité moins flatteuse : l’emprise de la Big Tech américaine et des fonds étrangers sur le numérique français et européen.
Par Thomas Lefèvre
Coallia maltraite des résidents du centre d’hébergement d’urgence GL Event Center à Paris
Sans-papiers 21 mai 2026 abonné·es

Coallia maltraite des résidents du centre d’hébergement d’urgence GL Event Center à Paris

Depuis l’annonce par la préfecture de région de la fermeture du plus grand centre d’hébergement d’urgence francilien, son opérateur tente de le vider par tous les moyens. Les résidents témoignent de harcèlement et de maltraitances qui durent depuis plusieurs semaines.
Par Martin Eteve
Visé par des accusations de violences sexuelles, Gérard Darmon est choisi pour présider le festival de cinéma de La Ciotat
Enquête 21 mai 2026

Visé par des accusations de violences sexuelles, Gérard Darmon est choisi pour présider le festival de cinéma de La Ciotat

Politis avait révélé le témoignage de neuf femmes décrivant un comportement « prédateur » de l’acteur, qui avait nié les faits dans un torrent de menaces et d’insultes. À La Ciotat, le choix de cette présidence choque, sauf son programmateur.
Par Hugo Boursier