Courrier des lecteurs Politis 1007

Politis  • 19 juin 2008 abonné·es

Droit de réponse de l’Association française pour l’information scientifique (Afis)

Mise en cause dans un entretien [avec la sénatrice des Verts Marie-Christine Blandin, NDLR] publié dans l’édition datée du jeudi 24 avril 2008 sous le titre
« Le lobby des OGM est d’une efficacité redoutable », l’Association française pour l’information scientifique (Afis) entend répondre aux propos qui sont rapportés, entendant la caractériser comme étant au service du « lobby pro-OGM ».
L’Afis est une association fondée en 1968 par un journaliste scientifique, Michel Rouzé, Prix Jean-Perrin 1976 de popularisation de la science ; elle regroupe des hommes et des femmes de toutes origines et formations ; elle participe au débat public depuis quarante ans, informant sur l’avancement des sciences et des techniques, réfutant les argumentations pseudo-scientifiques, et dénonçant l’instrumentalisation de la crédulité.
À ce titre, elle s’est emparée depuis plusieurs années, parmi de nombreux autres sujets, du thème des biotechnologies, en vue d’éclairer le débat public en y apportant l’information scientifiquement fondée la plus précise, objective, rationnelle et raisonnable possible.
En reprenant les affirmations portées dans l’entretien à propos de l’Afis : « Ils sont présents dans tous les colloques, dans toutes les réunions. » Nous avons participé en tout et pour tout à un colloque, organisé par nous, le 17 janvier 2008, intitulé « Biotechnologies et Agriculture durable ». Madame Blandin était invitée. Le compte rendu intégral est publié sur le site http://agribiotech.free.fr/
« Ils ont des moyens. » Les ressources de notre association se fondent sur les cotisations de ses membres (21 euros par an) et les ventes de sa revue Science et pseudo-sciences (prix unitaire 5 euros). Les comptes et rapports de l’association sont publiés en ligne et accessibles par tous sur le site http://www.pseudo-sciences.org/
« Le Monde selon Monsanto. » Notre association a publié une mise en garde pointant dans ce reportage une sélection partielle et partiale des informations relatives aux OGM, déplorant le relais donné à des allégations pourtant connues depuis longtemps comme étant fausses, et rétablissant quelques points malmenés dans le film.
Il est encore une fois regrettable, et caractéristique du climat passionnel entretenu autour des biotechnologies, que toute initiative ne reprenant pas le credo de la militance anti-OGM se trouve immédiatement caractérisée voire dénoncée comme étant l’expression de tel ou tel groupe d’intérêt. Faisant le pari de l’intelligence et respectant les lecteurs de Politis, nous les invitons à se forger leur opinion par eux-mêmes en parcourant nos sites Internet et lisant nos publications.
Michel Naud
Président de l’Association française pour l’information scientifique, directeur de publication du magazine Science et pseudo-sciences
Site internet institutionnel http://pseudo-sciences.org

Ce droit de réponse dépasse largement la « pseudo-mise en cause » évoquée, et, pour connaître les textes de cette association, je ne peux que confirmer les propos de Marie-Christine Blandin. Il suffit de consulter le site, la revue et les communiqués de l’Afis pour comprendre que ses « rectifications » scientifiques penchent toujours « allégrement » du même côté. Ce qui est son droit, mais doit être dit et redit, le scientisme n’étant pas encore une religion d’État.
C.-M. V.

Mariage annulé

Merci à Bernard Langlois de sa prise de position (dans le BN du n° 1005 de Politis) dans ce débat. Voici ma modeste pierre : ne faisons pas semblant de croire que Mme X avait la liberté de mentir, ne faisons pas semblant de croire qu’une annulation (nous ne nous sommes jamais mariés, dixit l’homme, cette femme n’existe pas) serait équivalente à un divorce (nous nous séparons, mutuellement d’accord, moi l’homme pouvant me replier sur mon sentiment d’avoir été « trompé » par anticipation, et moi, femme, enfin libérée de ce macho à la noix). Enfin, si le juge n’a failli en rien sur sa mission de rendre justice à ces deux requérants, il en ouvre une, de faille, en introduisant la notion de virginité (morale) dans l’attendu d’un jugement (droit).
Jacques Gandon (24)

Double jeu

Dans le n° 1005 de Politis, Yves Cochet (nous) invite à « dire la vérité et protéger les plus faibles ». Mais cela ne peut se faire sans une remise en cause radicale et quotidienne du capitalisme qui nous ronge, opprime les êtres humains, assèche la planète.
« L’affaire du pétrole cher mêle les deux crises » : tout à fait d’accord avec Denis Sieffert. On a réellement besoin d’une nouvelle alliance du « rouge » et du « vert ».
Mais comment « dire la vérité » sans rappeler que l’Europe qui se construit depuis cinquante ans est d’abord l’Europe qui affame, qui opprime, qui assèche ?
Comment ne pas rappeler que le TCE, approuvé par les Verts, prévoyait d’augmenter les ventes d’armes, le transport routier, de libéraliser encore et toujours, d’amplifier une agriculture productiviste, etc. ? Comment ne pas rappeler que le traité de Lisbonne – lors du vote du Parlement, 3 députés Verts sur les 4 se sont abstenus, comme le demandait François Hollande – reste sur une même logique ? […]
Je ne supporte plus que l’on tienne des discours volontiers « gauchisants » le dimanche avec des positionnements et des votes « centristes » la semaine. Cela nous rappelle les pratiques de la SFIO et n’est pas en mesure de redonner confiance aux couches populaires dans le sens de l’action et de l’engagement politiques.

Bruno Riondet, Les Alternatifs-86, Poitiers

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