L’optimisme militant d’André Gorz

Arno Münster propose une analyse de la pensée du philosophe récemment disparu, souvent précurseur en matière d’écologie politique.

Olivier Doubre  • 13 novembre 2008 abonné·es

Dans l’un de ses derniers articles, André Gorz écrivait : « La décroissance est une bonne idée : elle indique la direction dans laquelle il faut aller et invite à imaginer comment vivre mieux en consommant et en travaillant moins et autrement. Mais cette bonne idée ne peut pas trouver de traduction politique : aucun gouvernement n’oserait la mettre en œuvre, aucun des acteurs économiques ne l’accepterait [^2]. » Il insistait ainsi pour s’engager malgré tout dans cette « direction », convaincu que « la sortie du capitalisme [avait] déjà commencé [[ Titre d’un article paru dans la revue des Verts, EcoRev, n° 28, automne 2007 ; repris dans Ecologica, op. cit.]] » , mais sans ignorer le caractère difficile d’un tel choix. Une démarche qui caractérise bien la pensée du philosophe, très proche de Jean-Paul Sartre pendant plus de vingt ans. Né en 1923 dans une famille juive autrichienne, Gorz gagna la Suisse en 1939, où il rencontra et épousa celle avec qui il vécut toute sa vie, Dorinne, et avec qui il se donna la mort le 24 septembre 2007. Une décision qu’ils prirent ensemble, pour « ne pas avoir à

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