Le nouvel Eldorado capitaliste

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« Le vert vaut de l’or », titrait en 2007 le quotidien économique la Tribune, dans un numéro spécial sur le Grenelle de l’environnement. On pouvait y découvrir un « Grenelle juteux pour les entreprises » et un capitalisme contemporain qui a depuis longtemps endossé les habits du développement durable et s’est converti à la « croissance verte ».
En France, cette croissance tant de fois promise par le gouvernement devrait permettre de maintenir ou de créer 535 000 emplois dans le bâtiment, les transports et la protection de la nature, en faisant appel aux grands opérateurs privés. Les chiffres mondiaux, eux, donnent le vertige : on va vers un doublement du marché des produits et services environnementaux d’ici à 2020, soit 2 740 milliards de dollars, estime le rapport Travail décent pour un développement durable publié en octobre par le Programme des Nations unies pour l’environnement et le Bureau international du travail.
L’efficacité énergétique, les transports durables, l’approvisionnement en eau, l’assainissement et la gestion des déchets seraient les principales activités bénéficiaires. Dans le seul secteur de l’énergie, les grands industriels se sont engouffrés dans les énergies renouvelables, notamment attirés par les subventions de l’État. En quelques années, le marché a connu une croissance phénoménale : « Son chiffre d’affaires a été de 38 milliards de dollars en 2006, soit 26 % de plus que l’année précédente » , indiquent Greenpeace et le Conseil européen des énergies renouvelables (Erec). EDF, GDF Suez ou Poweo ont racheté des exploitants de parcs éoliens en France ou à l’étranger. Le fabricant de centrales nucléaires Areva s’est lancé depuis 2007 dans l’exploitation de la biomasse. Et Total a renforcé ses investissements dans le solaire photovoltaïque.

L’Erec prévoit que les investissements généreront d’importants profits à long terme. Cette perspective attire déjà les fonds spéculatifs : Novethic, filiale de la Caisse des dépôts et centre d’informations et d’expertise sur la responsabilité sociale et environnementale des entreprises, a dénombré 194 fonds d’investissement environnementaux en Europe, et leurs encours cumulés a dépassé les 25 milliards d’euros. Pas en reste, l’agrobusiness profite de cette croissance… et de la crise alimentaire. « Toutes les grandes banques européennes ont investi des milliards d’euros ces dernières années dans les entreprises lucratives de production d’agrocarburants, comme Cargill, Bunge, ADM, Cosan et Brasil Ecodiesel. Plusieurs de ces entreprises ont été impliquées et condamnées pour leurs activités illégales en Amérique latine » , ont dénoncé les Amis de la Terre. On prend les mêmes et on recommence ?


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