Rachida et ses frères…
Longtemps très en cour, la ministre de la Justice aura été le symbole de ces « minorités visibles » qui paient le prix de leur intégration en approuvant une politique d’immigration indigne.
dans l’hebdo N° 1037 Acheter ce numéro
Dans le paysage politique actuel, il n’est pas simple de parler d’un groupe avec lequel pourrait m’être attribuée quelque parenté. Moins simple encore de prendre le risque de tomber dans le travers que j’ai décrit ailleurs pour le débusquer sous ses apparences civilisatrices : « Les Arabes parlent aux Arabes. » Et définitivement imprudent de le faire dans un climat de radioactivité sexiste, où il ne fait pas bon vouloir faire bande à part en refusant la campagne de décontamination féministe menée par tout ce que la France compte d’humanistes patentés et autres enfants de la Raison. C’est donc en ignorant toutes les précautions d’usage (oratoires ou antiseptiques) qu’il devient possible de parler de sujets minés. Je reviendrai ici sur le sexe des filles supposées appartenir à la minorité musulmane française et sur les raisons d’une focalisation troublante dans ses attendus comme dans ses effets. Retour sur un non-événement, donc, qui, comme d’autres ayant émaillé l’été dernier sans relief, travaille la même veine xénophobe et triture les mêmes penchants pour la partition : celle d’une altérité, version face obscure, entre agression estampillée antisémite et accusation d’antisémitisme travestie d’humanisme. À cette face victimaire de la question sémite répond son envers, celle de l’autre sémite qui peut être chargé de tous les maux, car il est le fruit de notre imagination : l’Arabe, musulman et français de surcroît. Tout a commencé au printemps par une polémique qui cherchait à exploiter, à des fins de défense et d’illustration de la civilisation, une décision de justice annulant un mariage entre un plaignant, éphémère époux ombrageux sur la prestation de virginité que ne lui a pas assurée une jeune Française, supposée musulmane, durant une nuit de noces sous haute surveillance. Toutes ces éruptions ont en commun de procurer le divertissement pascalien que recherchent celles et ceux qui ne savent comment sortir de l’impasse politique où ils se sont fourvoyés. Le Président ne s’y prendrait pas autrement s’il cherchait à faire diversion en offrant aux