Les dominés du capitalisme

Un travail ethnographique et sociologique à la rencontre des personnes paupérisées dans le monde. Une population bien plus homogène qu’on ne le croit.

Olivier Doubre  • 21 octobre 2010 abonné·es
Les dominés du capitalisme

Politis : Dans votre introduction, vous écrivez avec Daniel Terrolle, qui a dirigé cet ouvrage avec vous, que « l’ethnographie est aussi un sport de combat », par référence à la sociologie de Pierre Bourdieu, qui avait été qualifiée ainsi. Y a-t-il un côté militant dans votre démarche ?

Patrick Bruneteaux : Nous ne voulions pas nous situer dans une dimension politique même si, en arrière-plan, il y a bien toujours des effets et des intérêts politiques à la base de toute recherche. Notre formation auprès de Pierre Bourdieu nous a appris qu’il y avait toujours un « intérêt à dévoiler » . Ainsi, la manière même de construire notre objet, en commençant par postuler l’homogénéité du sous-prolétariat, et en nous opposant vigoureusement aux catégories du sens commun dominant sur « la pauvreté », par exemple, comportait évidemment un intérêt politique.

Mais ce n’était pas là notre intention première. Nous voulions faire une sociologie critique, c’est-à-dire déconstructionniste, de cet envahissement de la science sociale par le thème de la pauvreté, en étudiant les dominés du monde capitaliste, ce qui est la définition littérale du sous-prolétariat. Le simple fait de parler en ces termes fait qu’aujourd’hui on est immédiatement catalogué comme marxiste. Pourtant,

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