Terrorisme, un mot piégé
Désigner systématiquement les combattants comme des criminels sanguinaires empêche de penser les conflits.
dans l’hebdo N° 1340 Acheter ce numéro

Une polémique à caractère sémantique a récemment éclaté au Royaume-Uni, lorsque la BBC s’est refusé à employer le mot « terroristes » pour les auteurs des attaques contre Charlie Hebdo. Interrogé par le quotidien The Indépendant, Tarik Kafala, directeur de la chaîne en langue arabe du groupe anglais, s’en est expliqué : « Il s’agit de relater que “deux hommes ont tué douze personnes dans une attaque contre les bureaux d’un journal satirique”. C’est assez clair, on sait ce que ça veut dire. […] Et c’est bien plus éclairant, à nos yeux, que d’utiliser un mot comme “terroriste”. » La retenue de la radio anglaise s’expliquerait par son « code rédactionnel », où il est précisé : « Les jugements de valeur fréquemment induits par l’usage des mots “terroristes” ou “groupe terroriste”
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