Pierre Khalfa : « Il faut une crise politique en Europe »
Pierre Khalfa répond à Frédéric Lordon, qui a défendu dans Politis une sortie de l’euro comme « plan B » pour sortir des politiques néolibérales.
dans l’hebdo N° 1370 Acheter ce numéro

© PAULETTO / CITIZENSIDE / AFP
Pour Pierre Khalfa, la refondation de l’Europe doit avoir lieu si possible dans le cadre de la monnaie unique et de l’Union européenne – et en dehors si nécessaire [^2].
Sur quels points êtes-vous en désaccord avec Frédéric Lordon lorsqu’il affirme que « l’impossibilité d’un autre euro commence à entrer dans les esprits » (voir Politis n° 1368, paru le 9 septembre) ?
Pierre Khalfa : Pour moi, la question ne porte pas sur la sortie ou non de l’euro, mais sur la stratégie à mettre en œuvre pour rompre avec les politiques néolibérales. Que la sortie de l’euro puisse être le résultat d’une bataille politique, d’un affrontement avec les institutions européennes, c’est possible, bien que pas obligatoire. Il ne s’agit donc pas de refuser par principe une sortie de l’euro. La divergence avec Frédéric Lordon vient du fait qu’il fixe la sortie de l’euro comme un préalable pour engager la rupture avec les politiques néolibérales. Or, la sortie de l’euro aurait un prix économique et politique. Une dévaluation massive de la monnaie entraînerait un appauvrissement de la population, et la nouvelle monnaie serait probablement soumise à la spéculation financière. De plus, on assisterait à un renchérissement des importations. Le
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