Marine Le Pen menace les fonctionnaires

Les réactions outrées ont été nombreuses, jusqu’au syndicat de policiers de droite Alliance.

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Les magistrats ne doivent « pas contrecarrer la volonté du peuple », a grondé dimanche Marine Le Pen. Elle réagissait à la mise en examen de sa cheffe de cabinet, Catherine Griset, sur les soupçons d’emplois fictifs du FN au Parlement européen, et à celle, révélée samedi, de Frédéric Chatillon, le président de la société Riwal, qui a servi d’écran à un détournement présumé des remboursements de frais de campagne. Quatre jours après avoir ignoré sa convocation par les enquêteurs, la présidente du FN adresse une menace des plus claires à la police et la justice : « Je veux dire aux fonctionnaires […] de se garder de participer à de telles dérives. Dans quelques semaines, ce pouvoir politique aura été balayé par l’élection, mais ses fonctionnaires, eux, devront assumer le poids de ces méthodes illégales. Ils mettent en jeu leur propre responsabilité. L’État que nous voulons sera patriote. »

Les réactions outrées ont été nombreuses, jusqu’au syndicat de policiers de droite Alliance. Ce dernier a dénoncé lundi « la gravité de ces propos menaçants », qui s’ajoutent « au mépris affiché pour la justice ». Le Syndicat de la magistrature souligne, quant à lui, le lien entre ces menaces et les critiques de la droite contre le parquet national financier. Dimanche, après l’ouverture d’une information judiciaire pour « détournement de fonds publics » visant François Fillon, le président LR du Sénat, Gérard Larcher, a appelé la justice à faire preuve de « retenue ». « Certains membres de la classe politique prétendent se construire une immunité pénale et c’est par l’intimidation qu’ils veulent l’imposer », s’indigne de Syndicat de la magistrature.


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