Mélenchon : un pour tous ?

Les Insoumis n’ont pas boudé leur plaisir, lorsque la semaine dernière, leur candidat a doublé Benoît Hamon dans les sondages.

Politis  • 29 mars 2017
Partager :
Mélenchon : un pour tous ?
© photo : FRED TANNEAU / AFP

Ils ont beau dénoncer à tout-va la « sondocratie », les Insoumis n’ont pas boudé leur plaisir. La semaine dernière, leur candidat a doublé Benoît Hamon dans les sondages. Mieux, Mélenchon distancie désormais le socialiste de près de trois points, à 14 % contre 11,5 % selon BVA.

Ovationné dimanche par 10 000 personnes à son meeting de Rennes, reconnu comme le grand gagnant du premier débat télévisé, Jean-Luc Mélenchon est sur un petit nuage. Au point qu’il estime désormais que battre François Fillon est à sa portée… et pourquoi pas le second tour ? « Un Français sur deux n’a pas fait de choix, rappelait lundi matin son porte-parole, Alexis Corbière, sur RTL, ce qui veut dire qu’il y a potentiellement un paysage complètement différent de ce qu’on nous annonce à l’arrivée. »

Mélenchon, surprise du chef ou grenouille qui se voit plus grosse que le bœuf ? Samedi dernier, quelque 200 manifestants, persuadés que seule une coalition entre Mélenchon et Hamon offrirait une victoire, se retrouvaient sous les fenêtres des QG de campagne des deux candidats. Dans la petite troupe scandant « une victoire, pas deux défaites ! », le socialiste Gérard Filoche, Pierre ­Larrouturou, fondateur de Nouvelle Donne, et même un militant stéphanois de la France insoumise, Vincent Bonny : « Que ce soit Mélenchon ou Hamon qui se présente, quelle importance puisqu’ils mettront en œuvre la 6e république ? », pointait l’Insoumis, qui pense toutefois que « celui qui a le programme le plus pertinent est Mélenchon ».

« En réalité, estimait le responsable communiste Frédéric Boccara, réputé peu amène avec le candidat de la France insoumise, Mélenchon a en tête le coup d’après : la recomposition de la gauche. C’est ce qui s’est passé en 1932 en Allemagne : le PCF ne pensait alors qu’à passer devant les socialistes ». Pas sûr que de telles comparaisons favorisent vraiment l’union.

Soutenez Politis, faites un don.

Chaque jour, Politis donne une voix à celles et ceux qui ne l’ont pas, pour favoriser des prises de conscience politiques et le débat d’idées, par ses enquêtes, reportages et analyses. Parce que chez Politis, on pense que l’émancipation de chacun·e et la vitalité de notre démocratie dépendent (aussi) d’une information libre et indépendante.

Faire Un Don

Pour aller plus loin…

« La victoire de Glucksmann ne vaut pas blanc-seing pour sa stratégie anti-alliance »
Entretien • 15 octobre 2026

« La victoire de Glucksmann ne vaut pas blanc-seing pour sa stratégie anti-alliance »

Raphaël Glucksmann est sorti large vainqueur de la primaire « de la gauche socialiste et démocratique ». Conséquence, le Parti socialiste n’aura pas de candidat propre pour la présidentielle 2027. Le résultat divise déjà au sein de la formation. Une situation dont le premier secrétaire, Olivier Faure, sort affaibli.
Par Névil Gagnepain
Après la victoire de Glucksmann, les ralliements à Mélenchon se multiplient
Analyse • 15 octobre 2026 abonné·es

Après la victoire de Glucksmann, les ralliements à Mélenchon se multiplient

1 500 communistes ont annoncé le 14 octobre leur ralliement à la candidature du leader insoumis. En parallèle, la victoire de Raphaël Glucksmann lors de la primaire socialiste provoque des remous chez les militants de gauche et semble acter une bipartition de la campagne. 
Par Névil Gagnepain
Colère lycéenne : Gabriel Attal mise sur l’autorité, Jean-Luc Mélenchon sur la rupture
Politique • 12 octobre 2026 abonné·es

Colère lycéenne : Gabriel Attal mise sur l’autorité, Jean-Luc Mélenchon sur la rupture

Le candidat Renaissance et de La France insoumise à la présidentielle ont respectivement tenu meeting à Lyon samedi 10 octobre et près de Clermont-Ferrand dimanche 11, sur fond de mobilisation lycéenne. Alors que l’ancien Premier ministre défend une ligne fondée sur l’autorité et les devoirs, le leader insoumis dénonce le bilan éducatif des gouvernements macronistes.
Par William Jean et Névil Gagnepain
Raphaël Glucksmann veut-il tuer le PS ?
Politique • 9 octobre 2026 libéré

Raphaël Glucksmann veut-il tuer le PS ?

Ce 12 octobre, le coprésident de Place publique a remporté la primaire sociale-démocrate octobre, en glanant 66,17 % des 120 000 votants en ligne. Une question brûlante a animé les derniers jours de campagne : sa victoire serait-elle synonyme de la fin du parti à la rose ?
Par Névil Gagnepain