Centre d’appel Free à Colombes : « Vendus comme du bétail »

Les salariés de Mobipel, et leurs collègues, protestaient contre la vente de leur centre devant le siège social d’Iliad. Suite à l‘annonce de Free que le centre allait être cédé au groupe Comdata, les employés se sentent humiliés et trahis.

Malika Butzbach  • 16 mars 2018 abonné·es
Centre d’appel Free à Colombes : « Vendus comme du bétail »
© Malika Butzbach

Une manifestation pour résumer six ans de lutte. Pour demander d’être traités dignement. C’est là tout l’enjeu de la mobilisation des salariés de Mobipel, ce centre d’appel filiale du groupe Iliad (Free). Ils étaient une centaine devant le Free Center de Paris (VIIIe) ,mais n’étaient pas seuls : à l’appel des syndicats Sud et CFDT, des salariés d’autres centres sont venus en soutien. « Et aussi parce que l’on est tous concernés, signale Sophie*. Aujourd’hui c’est eux, et si demain nous étions les prochains ? » Le 6 mars, l’opérateur télécoms a annoncé céder son centre d’appel de Colombes à Comdata, spécialiste italien des call-centers. Pourtant, Free garde ses quatre autres centres en France. Difficile de ne pas voir le lien avec le nombre anormalement élevé de licenciements pour faute qui a fait chuter les effectifs de ce centre sur lequel Politis a écrit à plusieurs reprises.

À lire aussi >> Enquête sur le système Free

Indignation

« On est vendus comme du bétail », s’indignent Clarisse et Farah. Comme les autres grévistes, les deux femmes portent un tee-shirt noir sur lequel on peut lire « Je suis Mobipel ». « Cela fait des mois que l’on se doutait qu’il se passait quelque chose. On pensait à une fusion mais pas à cette cession, relate, écoeurée, Clarisse. On l’a appris au début du mois. Ils nous ont affirmé que c’était fait. » Alors aujourd’hui, le mot d’ordre est de montrer à Comdata ce qu’il a acheté. « S’il pouvait se rétracter, ça nous arrangerait »,

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Économie
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