À la frontière italienne, la police hors-la-loi

À Menton, les autorités françaises falsifient la réalité pour refouler des mineurs isolés étrangers à la frontière italienne.

Vanina Delmas  • 4 avril 2018 abonné·es
À la frontière italienne, la police hors-la-loi
© photo : Le 31 mars, la police aux frontières relâche plusieurs migrants arrêtés la veille à Menton. Direction l’Italie.Vanina Delmas

Depuis la terrasse du café La Grotta, Menton ressemble à une carte postale estivale. La mer bleue, le port, la montagne et aucun nuage à l’horizon en ce dernier jour du mois de mars. En scrutant le pont Saint-Louis, des silhouettes sombres se détachent du paysage. Têtes baissées, le pas lent, davantage courbées par le poids de la nuit passée que par le sac à dos qui transporte les bribes de leur jeune vie. À partir de 8 heures, les agents de la police aux frontières (PAF) laissent sortir les migrants qu’ils ont « attrapés » la veille. Cette nuit, ils étaient dix-huit, mineurs et majeurs confondus, à dormir assis sur un banc ou à même le sol de la pièce principale du local. « Menton, la perle de la France vous accueille », indique le panneau planté à quelques mètres de là.

Depuis 2015, les contrôles aux frontières intérieures de la France ont été rétablis. À l’orée de l’Italie, ils sont systématiques aux points de passage autorisés (PPA), et récurrents sur les axes routiers, les

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Société
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