« Sans projet écologique, la taxe, c’est du bidon ! »

En considérant la fiscalité sur les carburants comme une façon d’alimenter le budget général du pays, le gouvernement joue contre la transition énergétique, selon Nicolas Garnier.

Patrick Piro  • 14 novembre 2018 abonné·es
« Sans projet écologique, la taxe, c’est du bidon ! »
© photo : Une machine mélange des déchets organiquesndans une usine de biogaz près de Lille. crédit : PHILIPPE HUGUEN/AFP

La fiscalité est un puissant outil pour sortir des énergies fossiles. Le rattrapage sur le diesel et la hausse de la taxe carbone, appliquée à tous les carburants fossiles, suivent une trajectoire connue, adoptée lors des précédents budgets. Mais, si la mobilisation du 17 novembre se focalise sur le prix du diesel, c’est la fiscalité écologique dans son principe qui risque de faire les frais des ambiguïtés du gouvernement, bien en peine pour convaincre que la hausse de ces recettes alimente en proportion les efforts de la transition énergétique. Édouard Philippe l’a déclaré benoîtement en privé : son objectif principal, c’est l’emploi. Et, pour cela, compenser une baisse de la fiscalité sur le travail par la hausse des taxes sur les carburants. En gros, faire payer par les automobilistes un allégement de charges sur les entreprises : effet déplorable…

La fiscalité écologique génère régulièrement des oppositions frontales. Les enjeux sont-ils bien posés ?

Nicolas Garnier : Notre association, Amorce, est très impliquée dans ces batailles : elle est même née à l’occasion de l’une d’elles, en 1987. Il s’agissait alors de corriger une disposition injuste : alors que le gaz et l’électricité bénéficiaient d’un taux de TVA réduit à 5,5 %, ce taux était de 19,6 % pour le bois et les réseaux de chaleur. Puis, dans le sillage des premières « éco-contributions » mises en place à partir du milieu des années 1990, nous avons obtenu leur extension à de nouvelles familles de déchets recyclables –

Envie de terminer cet article ? Nous vous l’offrons !

Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter quotidienne :

Vous préférez nous soutenir directement ?
Déjà abonné ?
(mot de passe oublié ?)
Écologie
Temps de lecture : 8 minutes

Pour aller plus loin…

« Refuser de se positionner publiquement, c’est se ranger du côté des pires destructeurs du vivant »
Luttes environnementales 29 mai 2026

« Refuser de se positionner publiquement, c’est se ranger du côté des pires destructeurs du vivant »

La militante écologiste Lucie Pinson, fondatrice de l’ONG Reclaim Finance et Prix Goldman pour l’environnement en 2020, lutte auprès des milieux financiers pour les forcer à abandonner les investissements polluants. Pour elle, « il n’y a pas de fatalité, on décide aujourd’hui du monde de demain ».
Par Martin Eteve
« Le béton ciment est un matériau pilier du système capitaliste »
Entretien 20 mai 2026 abonné·es

« Le béton ciment est un matériau pilier du système capitaliste »

Pour l’architecte et militante écologiste Léa Hobson, l’intersectionnalité des luttes est la seule voie pour s’opposer aux impacts majeurs de la bétonisation sur les populations, les espèces et la terre.
Par Vanina Delmas
Les mouvements citoyens ne lézardent pas face aux bétonneurs
Analyse 20 mai 2026 abonné·es

Les mouvements citoyens ne lézardent pas face aux bétonneurs

Derrière de nombreux projets responsables de l’artificialisation des sols, il y a la filière du béton, puissante et omniprésente. Malgré les risques de répression, les citoyen·nes continuent de se mobiliser pour préserver les terres agricoles et naturelles.
Par Vanina Delmas
Le vent se lève contre les ravages écologiques des data centers
Reportage 20 mai 2026

Le vent se lève contre les ravages écologiques des data centers

Un projet de construction du plus grand centre de données d’Europe, Campus IA, menace 70 hectares de terres agricoles à Fouju (Seine-et-Marne), une commune de 650 habitants. Comme ailleurs en France, des résistances citoyennes font face aux périls pour le vivant que représente l’arrivée de ces infrastructures.
Par Martin Eteve