Drogues : pourquoi ça coince en France ?

Contrairement à l’évolution dans la plupart des démocraties occidentales, la France, première consommatrice d’Europe, s’enferre dans une politique des drogues répressive parmi les plus dures du continent et vient de créer des amendes pour les usagers simples. Un échelon supplémentaire dans les peines prévues à leur encontre.

Olivier Doubre  et  Pierre Hémono  • 12 décembre 2018 abonné·es
Drogues : pourquoi ça coince en France ?
© photo : Michael Bunel/AFP

Le 8 novembre dernier, les députés ont adopté le principe d’une amende forfaitaire délictuelle sanctionnant l’usage simple de stupéfiants illicites. Cette nouvelle peine – dans le cadre du projet de loi de réforme et de programmation ­2018-2022 de la justice (art. 37) – vient s’ajouter à l’arsenal déjà substantiel de sanctions visant les consommateurs de drogues interpellés. Prévu initialement à 300 euros, le montant de cette amende sera finalement de 200 euros. À l’origine de cette modification, Éric Poulliat, député LREM de Gironde, la justifie fièrement ainsi : « Un montant trop élevé […] risquerait de se heurter à l’insolvabilité des usagers » !

Fût-ce avec une ristourne, cette mesure va totalement à contre-courant de la tendance suivie en la matière par la grande majorité des démocraties occidentales. L’usage de drogues, faut-il le rappeler, est d’abord une question de santé publique. Mais, une fois

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