Haut-Karabakh : Une population sacrifiée aux ambitions de la Turquie

L’offensive lancée par l’Azerbaïdjan pour reconquérir l’enclave soutenue par l’Arménie sert le plan d’Ankara d’extension de son influence jusqu’en Asie centrale.

Patrick Piro  • 14 octobre 2020 abonné·es
Haut-Karabakh : Une population sacrifiée aux ambitions de la Turquie
Des habitants de Chouchi, à 15 km de Stepanakert, capitale du Haut-Karabakh, se réfugient dans les caves pour fuir les bombardements, le 8 octobre.
© ARIS MESSINIS / AFP

Une accalmie précaire s’était installée dans les villes bombardées du Haut-Karabakh, en début de semaine, quinze jours après que l’Azerbaïdjan a déclenché une offensive d’ampleur pour reconquérir cette enclave indépendantiste à population arménienne dont elle a perdu le contrôle depuis 1994.

Le cessez-le-feu humanitaire obtenu le 10 octobre à Moscou avec l’Arménie, qui défend ce territoire, a été violé dans les heures qui ont suivi sa signature, signe que les conditions d’une solution non guerrière à ce vieux conflit sont loin d’être réunies. En dépit d’une force de frappe militaire bien supérieure, l’Azerbaïdjan n’est guère parvenu à faire bouger une ligne de front qui englobe depuis 1994 le territoire revendiqué ainsi qu’une zone tampon le reliant à l’Arménie. Elle s’était établie après une guerre sanglante qui s’était soldée par 30 000 morts, mais sans conclusion formelle, perdurant depuis sous forme d’accrochages sporadiques, dont le plus important eut lieu en 2016. Faute de gain territorial significatif, l’armée azerbaïdjanaise semble privilégier le bombardement des villes de la République d’Artsakh (comme s’est autoproclamée la population du Haut-Karabakh en 2017).

Lire > En Artsakh, sous les bombes

« Dans le but de faire fuir la population civile, dont la moitié, près de 70 000 personnes, se sont déjà réfugiées en Arménie depuis le début de cette offensive, indique Hovhannès Guévorkian,

Envie de terminer cet article ? Nous vous l’offrons !

Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter quotidienne :

Vous préférez nous soutenir directement ?
Déjà abonné ?
(mot de passe oublié ?)
Monde
Temps de lecture : 7 minutes

Pour aller plus loin…

« On ne gagne pas une élection présidentielle seulement sur les questions internationales »
Entretien 16 juin 2026 abonné·es

« On ne gagne pas une élection présidentielle seulement sur les questions internationales »

L’engagement de certains candidats sur les crises internationales peut-il devenir un atout électoral en 2027 ? Chercheur en science politique, Élie Michel décrypte les limites du poids de l’international dans la présidentielle à venir.
Par William Jean
« La société internationale est aujourd’hui comme un bateau ivre »
Entretien 16 juin 2026 abonné·es

« La société internationale est aujourd’hui comme un bateau ivre »

Juriste, Monique Chemillier-Gendreau pense le droit et la démocratie à l’échelle internationale. Elle dresse un état du monde et de notre humanité malmenés par les guerres et la violence envers les peuples, et invite à croire en la vivacité d’une société civile capable de se globaliser.
Par Céline Martelet
Coupe du monde de football : la société civile états-unienne se mobilise contre l’ICE
États-Unis 10 juin 2026 abonné·es

Coupe du monde de football : la société civile états-unienne se mobilise contre l’ICE

Des associations, syndicats et responsables religieux américains se mobilisent contre la présence de la police fédérale de l’immigration, à l’approche de la Coupe du monde de football masculine, qui débute ce 11 juin.
Par Orlando Vinson
Mondial de football : la Fifa ferme encore les yeux sur les droits humains
Décryptage 10 juin 2026

Mondial de football : la Fifa ferme encore les yeux sur les droits humains

Par la voix de son président, Gianni Infantino, l’institution organisant la compétition s’aligne sur la politique xénophobe et violente d’un des pays hôtes, les États-Unis. La proximité entre des régimes autoritaires et la Fifa n’est pourtant pas une nouveauté.
Par Martin Eteve