« Afropea », de Léonora Miano : Des identités fécondes
Dans son essai, la romancière Léonora Miano expose avec force et subtilité cette idée neuve, _Afropea_, qui fait le lien entre la mémoire du passé et le présent à habiter, et montre ce qu’elle pourrait apporter aux Afrodescendants d’Europe, mais aussi aux pays où ils sont nés et où ils vivent, telle la France, et à l’Afrique.
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© JF Paga
Afropea » ? Léonora Miano en donne une définition dès les premières lignes de son livre : « Est dite afropéenne une personne d’ascendance subsaharienne née ou élevée en Europe. » Elle précise : « Les concernés sont avant tout dépositaires d’un vécu européen. C’est en Europe qu’ils ont passé leurs années de formation, celles de l’enfance et de l’adolescence, dont on connaît l’importance pour la structuration de la personnalité. Les Afropéens sont souvent enfants, petits-enfants ou arrière-petits-enfants d’immigrés sub-sahariens. Contrairement à leurs ascendants, ils ne connaissent que la vie en situation de minorité. »
Léonora Miano n’a pas écrit Afropea pour défendre sa condition. Née à Douala, au Cameroun, elle y a grandi et fait ses études. Elle est une Subsaharienne dont le vécu est donc tout autre. En outre, aujourd’hui romancière de renom, prix Femina en 2013 pour La Saison de l’ombre (Grasset), elle occupe une place très singulière dans le pays dont elle a acquis la nationalité, la France. L’auteure ne cache nullement qu’elle aborde le concept d’Afropea de l’extérieur et souligne que son livre se veut une contribution à la réflexion sur cette question et non pas, par exemple, un manifeste, malgré la force de conviction qu’elle y développe. Elle a des raisons intimes et politiques de le faire – les deux