Gouvernance partagée : soif d’idéal et gueule de bois

Une aspiration à la coopération apparaît en de multiples lieux, des « places occupées » au monde feutré des grandes entreprises. Un mouvement qui interroge et invite les militants du « commun » à certaines précautions.

Erwan Manac'h  • 16 décembre 2020 abonné·es
Gouvernance partagée : soif d’idéal et gueule de bois
© Rodrigo Avellaneda / Anadolu Agency/AFP

Parole d’acteurs de terrain, une vague monte dans la brume, encore sourde mais déjà puissante. « Cela fait vingt ans que je suis impliquée dans les pratiques coopératives et je vois vraiment les choses évoluer ces derniers temps. Beaucoup de gens réfléchissent, tentent de faire les choses différemment », témoigne Daphné Gaspari, psycho--sociologue et formatrice.

Coopérer n’est pas une idée neuve qui aurait attendu les générations Y puis Z, pour émerger. Les entreprises coopératives, l’éducation populaire ou même le socialisme utopique du début du XIXe siècle en avaient fait leurs fondations, en puisant eux-mêmes dans la coutume populaire des formes anciennes de sociabilité fondées sur l’entraide. L’idée semble néanmoins resurgir sous les atours de la nouveauté. On parle de « gouvernance partagée », de « sociocratie », d’« intelligence collective », et toutes les forces progressistes sont tendues vers le « principe du commun ».

Cette nouvelle manière de voir l’action politique, hors des champs du marché ou de l’étatisme, puise sa source dans les écrits de l’économiste Elinor Ostrom, qui publie

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Politique
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