Invasion zapatiste en Europe : les gouvernements se braquent

Alors qu'une délégation de sept zapatistes a réussi à prendre pied en Espagne, mi-juin, un contingent de 177 autres n'est toujours pas autorisé à se rendre en France pour le lancement d'une campagne mondiale « pour la vie ».

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Il ne fallait pas s'attendre à ce que les autorités leur facilitent la vie : les intentions anti-capitalistes des zapatistes ne collent pas vraiment à leur ligne. Après l'arrivée par bateau en Espagne d'un groupe éclaireur de sept personnes (l'Escadron 421), c'est un fort contingent de 177 personnes, entièrement composé de natifs d’origine maya, de langues cho’ol, tzotzil, tzeltal, tojolabal et castilla, qui avait prévu de les rejoindre en Europe pour lancer tous azimuts une campagne « pour la vie » de plusieurs mois et sur tous les continents. Il est notamment composé de plusieurs groupes « Écoute et parole » d'indigènes portant la mémoire des années de lutte précédant le soulèvement zapatiste, d'une équipe féminine de football ambitionnant de se présenter sur des terrains de sport européens, et de six petites filles et garçons du groupe « Jeu et malice ». La délégation est attendue par des centaines de groupes de solidarité, d'associations culturelles, de groupes artistiques, de syndicats, d'ONG et d'organisations de défense des droits humains.

Mais elle est toujours bloquée au Mexique : 62 de ses délégué·es n'ont toujours pas obtenu de passeport. Un communiqué zapatiste ironise sur la dénomination dont sont affublées les personnes natives par le ministère des Affaires étrangères mexicain : « extemporáneas ». C'est-à-dire « inopportunes, inconvenantes ». Dont acte : la délégation a décidé d'endosser ce titre qui convient bien à sa mission : « La Extemporánea ».

Cependant, ça coince aussi à l'autre bout. Elle est « inopportune » aussi pour le gouvernement français, le ministère des Affaires étrangères n'a toujours pas accordé de visas à ce jour. Le collectif « Voyage zapatiste » comptant des centaines d'organisation a interpellé les autorités françaises. Des actions ont lieu partout en Europe devant les ambassades et consulats français pour obtenir l'accueil de la délégation zapatiste, dont la présence est prévue, pendant l'été lors de nombreux événements traitant de questions de santé, d’éducation, d’écologie, de justice, de droits sociaux et de droits humains.

Les zapatistes sont attendus sur la zad de Notre-Dame-des-Landes, entre autres, pour un Rassemblement intergalactique du 28 juillet au 1er août (initialement prévue du 10 au 14 juillet) et qui promet d'être extrêmement suivi. De son côté, l'Escadron 421 a pu cheminer d'Espagne vers la France. Après une étape à Toulouse, le groupe éclaireur s'est présenté le 10 juillet dernier devant près de 200 personnes à Montreuil (Seine-Saint-Denis) : une personne transgenre (Marijosé), quatre femmes (Yuli, Ximena, Carolina et Lupita) et deux hommes (Bernal et Felipe), dument masqué·es et à distance en raison du covid alors qu'elles vont participer à de nombreuses rencontres publiques. C'était à la Parole errante, un espace multiculturel de lutte qui a rappelé que sa première intervention, après sa création en 1997, fut dédiée, en langue maya, aux cinq siècles de résistance des autochtones sur le continent américain.


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