Union des droites et de l’extrême droite : la jeunesse à l’œuvre

Ils n’ont même pas 30 ans pour certains, rêvent des plus hauts postes et veulent créer, à l’instar de plusieurs de leurs aînés, une alliance de LR au RN.

Daphné Deschamps  et  Lucas Sarafian  • 25 janvier 2023 abonné·es
Union des droites et de l’extrême droite : la jeunesse à l’œuvre
Manifestation de Génération identitaire contre sa dissolution. ()
© Photo by Nathan Laine / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP.

C’est un rêve qui naît rue des Canettes, dans le très aisé sixième arrondissement de Paris. Dans les années 2010, la jeunesse de toutes les droites, y compris la plus extrême, se fréquente. Jordan Bardella, président du Rassemblement national (RN) depuis 2022, et Sarah Knafo, bras droit d’Éric Zemmour, sont de ce petit milieu, tout comme Pierre Gentillet ou Alexandre Loubet. Deux noms moins connus.

À l’époque, Gentillet n’est pas cet avocat qui intervient régulièrement sur CNews. C’est un jeune militant de la Droite populaire, le courant du député UMP Thierry Mariani (maintenant rallié à Marine Le Pen) et du syndicat étudiant UNI. Il fera partie un peu plus tard des fondateurs de la Cocarde étudiante, un autre syndicat étudiant qui s’affranchit « de ces codes anciens, de ces “cordons sanitaires” puérils et insensés », selon une publication sur leur site. En réalité, il s’agit d’une organisation ouvertement d’extrême droite.

À ce moment-là, Loubet est patron des jeunes de Debout la République, le parti de Nicolas Dupont-Aignan. Il est présent lors de la première conférence de presse de la Cocarde. Après avoir dirigé la communication de Marine Le Pen, il devient député RN et secrétaire général de L’Avenir français, un petit parti composé d’anciens soutiens de Dupont-Aignan, aujourd’hui ralliés à Le Pen.

Une galaxie qui rêve d’alliances

L’union des droites extrêmes et des extrêmes droites, ils ne la théorisent pas tous. Mais ils la réalisent. Pour la génération d’après, celle du patron des Jeunes Républicains, Guilhem Carayon, ou du leader de Génération Z, Stanislas Rigault, la rue des Canettes n’est plus le lieu de rendez-vous. On se retrouve plutôt à l’Atelier Suffren dans le quinzième arrondissement, un bar connu dans le milieu de la droite dure et des groupuscules violents. À l’heure actuelle, ces zones de rencontre de toutes les droites sont moins influentes. Pas besoin : une galaxie se constitue et rêve de créer cette alliance confondant toutes les versions de la droite.

Pour réaliser cette union, il y a d’abord l’UNI. « Un espace en train de se radicaliser aujourd’hui, explique Émilien Houard-Vial, doctorant au Centre d’études européennes de Sciences Po et spécialiste de la

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Politique
Publié dans le dossier
Le Pen : comment la déconstruire ?
Temps de lecture : 8 minutes

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