« L’école n’est pas une entreprise ! »

Olivier Salerno est professeur d’atelier en lycée professionnel à Nice. Co-initiateur de l’appel « Préparons la riposte », il explique pourquoi ce projet de réforme menace de fragiliser une institution publique déjà abîmée.

Zoé Neboit  • 1 février 2023 abonné·es
« L’école n’est pas une entreprise ! »
Étudiantes en BTS mode et métiers des vêtements au lycée du Dolmen de Poitiers.
© Jean-Francois FORT / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP.

Comment qualifiez-vous la philosophie de cette nouvelle réforme du lycée professionnel ?

Olivier Salerno : C’est une attaque assez violente d’Emmanuel Macron à l’encontre de la formation professionnelle. Le projet est de placer le lycée professionnel sous la double tutelle des ministères de l’Éducation nationale et du Travail. C’est un retour en arrière par rapport à un acquis vieux de cent ans lorsque, pour réguler le travail des enfants, on a mis l’enseignement professionnel sous la protection de l’Instruction publique et qu’il n’a plus été réfléchi en parallèle de la politique industrielle [la loi Astier de 1919, NDLR].

Pour appeler un chat un chat : le souhait d’Emmanuel Macron est de faire dépendre l’enseignement professionnel public du monde de l’entreprise. Sauf que, pour nous, l’école ne doit rien avoir à voir avec le monde de l’entreprise.

Le souhait d’Emmanuel Macron est de faire dépendre l’enseignement professionnel public du monde de l’entreprise.

Pourquoi parle-t-on moins des lycéens professionnels alors qu’ils représentent un tiers des lycéens ?

Tout simplement parce que la plupart de ces élèves sont issus de milieux très populaires et que l’on traverse un contexte où l’école reproduit des inégalités. On accueille également énormément d’élèves en situation de handicap, qui sont systématiquement orientés vers des filières professionnelles à cause du tri effectué au collège.

Le lycée professionnel est souvent une orientation subie. Pourtant, c’est un lieu où les enseignements sont adaptés, souvent plus pédagogiques. Un lieu où l’on cesse de dire aux jeunes qu’ils sont nuls, de leur rendre des contrôles avec des 2/20. On leur apprend à retrouver confiance en eux et, ainsi, les parents commencent à avoir de nouveau confiance en l’institution.

La ministre déléguée chargée de l’Enseignement et de la

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Éducation
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