Bande de Gaza : la guerre, toujours

Le 18 mars, Israël a rompu l’accord de cessez-le-feu avec le Hamas et a repris ses bombardements sur l’enclave palestinienne, faisant plusieurs centaines de morts, dont de nombreux enfants. La trêve n’aura duré que deux mois, tandis que le nombre de civils tués s’élève à plus de 50 000 depuis le 7 octobre 2023.

Céline Martelet  • 26 mars 2025 abonné·es
Bande de Gaza : la guerre, toujours
Des Palestiniens inspectent les dégâts causés par les frappes israéliennes sur un chantier de réparation d’ambulances dans le camp de réfugiés d’al-Maghazi, le 24 mars 2025.
© Eyad BABA / AFP

Le vélo roule encore, mais il est recouvert d’une épaisse poussière noire. À l’arrière, une couverture rose dépasse du panier en plastique destiné normalement aux provisions. « Elle n’avait qu’1 an », lance le jeune Gazaoui, qui semble errer dans les rues avec sa bicyclette. Avec délicatesse, il relève un peu la couverture pour montrer aux passants le corps sans vie d’un bébé. Son visage est recouvert de sang mêlé à la poussière. Ses yeux sont fermés.

Tout autour, des enfants curieux viennent voir le cadavre. Face à la violence de cette scène, aucun adulte ne pense à les éloigner. « Ma fille ne voulait rien d’autre que vivre, avoir une belle vie, rire et être en paix. Mais où est la communauté internationale ? », s’exclame le père de la petite victime. En état de sidération, il est incapable de pleurer et répète à plusieurs reprises : « Le monde entier va voir cela, mais personne ne va bouger le petit doigt. »

Depuis le 18 mars, des centaines de vidéos défilent à nouveau chaque jour sur les réseaux sociaux. Elles sont publiées par des journalistes palestiniens. Sur les images, toujours ces enfants blessés, tremblants de terreur après avoir survécu à une frappe aérienne israélienne. Sur les images, toujours des cadavres, des blessés emmenés vers les quelques hôpitaux qui fonctionnent encore. Ils sont transportés dans les coffres de voitures ou sur des charrettes tirées par des chevaux exsangues. Il n’y a quasiment plus aucune ambulance dans la bande de Gaza.

Une fois encore, Benyamin Netanyahou a mis ses menaces à exécution. Le 16 février dernier, le premier ministre israélien s’est dit prêt à ouvrir les « portes de l’enfer » dans la bande de Gaza si tous les otages n’étaient pas libérés. Un choix de mots qui ne doit rien au hasard : la veille, Donald Trump avait utilisé exactement les mêmes. Il reste encore 59 otages, dont une trentaine ont été déclarée morts. Avant de libérer de nouveaux captifs, le Hamas exige l’application de la deuxième phase de la trêve.

Cela inclut notamment le retrait des soldats israéliens à la frontière entre Gaza et l’Égypte, mais aussi la levée des restrictions entravant l’entrée

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