« Complicité de crime de guerre » : des associations veulent interdire un salon immobilier israélien

Dans un courrier adressé au ministre de l’Intérieur que Politis a pu consulter, quatre associations demandent l’interdiction de l’événement Icube, qui a proposé, lors de ses précédentes éditions, des biens dans des territoires illégalement occupés par Israël.

Pauline Migevant  et  Hugo Boursier  • 17 novembre 2025 abonné·es
« Complicité de crime de guerre » : des associations veulent interdire un salon immobilier israélien
© Virginia Portillo / Unsplash

Un cottage, une villa, un manoir de huit à dix pièces, avec plusieurs salles de bain, des piscines et, comme vue imprenable, la Cisjordanie occupée illégalement par Israël. C’est ce genre de biens – synonymes de « qualité de vie, sérénité et confort absolu » – qui sont en vente sur le site de la société ImmoIsraël, partenaire des éditions précédentes du salon immobilier Icube, qui se tiendra le 30 novembre à Paris.

« De belles opportunités avec des conditions exceptionnelles ! », vante aujourd’hui le site du salon, domicilié en Israël. Icube, salon israélien de l’immobilier et de l’investissement, se présente comme « la référence incontournable de l’information immobilière et de l’investissement en Israël au sein de la communauté juive de France ». Le salon se targue de « la présence régulière de l’Agence juive depuis les débuts », permettant de se renseigner sur des projets d’Alya [immigration en Israël, N.D.L.R.], de location ou d’achat, le tout dans « une approche à la fois pratique et humaine ».

Un salon que les associations Nidal, l’Union juive française pour la paix, l’association France Palestine Solidarité et les Avocats pour la justice au Proche-Orient entendent bien faire annuler. Dans leur demande adressée au ministère de l’intérieur que Politis a pu consulter, les quatre structures réclament l’interdiction de ce salon, compte tenu de la « promotion de la vente de biens immobiliers situés en Palestine, illégalement occupée », et de « l’association directe avec la municipalité israélienne de Jérusalem, autorité exerçant illégalement des compétences sur un territoire occupé ».

Le salon Icube a lieu juste avant les Jerusalem days, organisés du 1er au 4 décembre à Paris, Montrouge et Créteil. La présence de Shemouel Marciano, adjoint au maire de Jérusalem et responsable du portefeuille de l’Alya et de l’intégration, a été annoncée sur le site alyah-jerusalem qui détaille ce dernier événement. « Préparez concrètement votre vie en Israël en rencontrant les représentants des services municipaux de la ville de Jérusalem, de Qualita [une organisation participant à l’intégration des francophones réalisant leur « alyah », immigration en Israël, N.D.L.R.], du ministère de l’intégration et de l’agence juive », lit-on en

Envie de terminer cet article ? Nous vous l’offrons !

Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter quotidienne :

Vous préférez nous soutenir directement ?
Déjà abonné ?
(mot de passe oublié ?)
Société
Temps de lecture : 5 minutes

Pour aller plus loin…

Accusé d’assassinat, Loïk Le Priol se victimise face aux enquêteurs
Récit 4 septembre 2026

Accusé d’assassinat, Loïk Le Priol se victimise face aux enquêteurs

Le 7 septembre s’ouvrira le procès consécutif à la mort par balles de Federico Aramburú, rugbyman tué par des militants d’extrême droite en mars 2022. Parmi les accusés, Loïk Le Priol, ancien du GUD, qui a affirmé au cours de l’instruction avoir agi en légitime défense.
Par Pauline Migevant, Céline Martelet et Hugo Boursier
« L’État nous ignore » : surexploités cet été, les pompiers volontaires oubliés à la rentrée
Analyse 3 septembre 2026 abonné·es

« L’État nous ignore » : surexploités cet été, les pompiers volontaires oubliés à la rentrée

Ils représentent près de 78 % des effectifs, assurent 66 % des interventions, mais sont exclus des discussions sur le très attendu projet de loi sur la sécurité civile. Les deux syndicats de sapeurs-pompiers volontaires revendiquent simplement le droit de s’exprimer.
Par Elina Barbereau
Cyber-attaques : l’École n’a pas de « plan B »
Analyse 2 septembre 2026 abonné·es

Cyber-attaques : l’École n’a pas de « plan B »

L’Éducation nationale a subi sa troisième effraction numérique de l’année, avec à la clé des données évanouies dans la nature. En cette rentrée, faute d’outils adaptés, de nombreux profs bricolent pour pallier le manque d’anticipation de l’institution.
Par Maxime Sirvins
Fuites de données : tous vulnérables mais pas tous égaux
Enquête 2 septembre 2026

Fuites de données : tous vulnérables mais pas tous égaux

Après une série de piratages massifs, administrations et entreprises appellent leurs usagers à la vigilance. Mais comprendre le risque, déjouer une arnaque, surveiller ses comptes ou faire valoir ses droits exige des ressources inéquitablement réparties.
Par Maxime Sirvins