A69 : les cinq enjeux d’une audience cruciale

Une audience cruciale est prévue à la cour administrative d’appel de Toulouse ce jeudi 11 décembre pour acter ou non la poursuite du chantier de l’A69. Décryptage des principaux enjeux.

Vanina Delmas  • 10 décembre 2025 abonné·es
A69 : les cinq enjeux d’une audience cruciale
Un mur de parpaing érigé symboliquement le jour du procès des "Écureuils" défenseurs des arbres du tracé de l'A69, à Toulouse, devant le palais de justice, en janvier 2024.
© Vanina Delmas

Mise à jour le 8 janvier 2026

Le 30 décembre, la cour administrative de Toulouse a finalement rétabli les autorisations environnementales du projet autoroutier qui doit relier Toulouse à Castres et donc autorisé la reprise des travaux, lesquels n'avaient jamais réellement cessé, au mépris du droit. À ce sujet, le préfet du Tarn avait annoncé le vendredi 19 décembre un arrêté pour stopper les travaux sur les zones où des dépassements d'emprises avaient été constatées. Suite au verdict de la cour, les organisations opposées à l’A69, dont Agir pour l'environnement, ont annoncé poursuivre tous les recours juridiques possibles, dont devant le Conseil d’État.

Première publication le 10 décembre 2025

Le feuilleton juridique sur l’avenir de l’autoroute A69 aura occupé le devant de la scène pendant toute l’année 2025. Le 27 février 2025, le tribunal administratif de Toulouse a annulé les autorisations environnementales délivrées par l’État en mars 2023 aux sociétés concessionnaires chargées de réaliser l’A69 entre Castres et Toulouse. Le chantier s’arrête dans l’heure qui suit. Une première !

Dans sa décision, le tribunal rappelle que la dérogation à la destruction d’habitats des espèces protégées accordée par les préfets n’est possible que si trois conditions sont réunies : si le maintien des espèces protégées n’est pas menacé, s’il n’existe pas de solution alternative et si le projet répond à une raison impérative d’intérêt public majeur. L'État et les sociétés ont interjeté appel.

En mai, la cour administrative d’appel de Toulouse a accordé le « sursis à exécution » demandé par l’État et le concessionnaire Atosca afin que le chantier reprenne, en attendant l’appel sur le fond du dossier, qui a lieu ce jeudi 11 décembre. Retour sur les enjeux principaux de cette bataille juridique de haut vol.

Pour le rapporteur public, le chantier doit continuer

Mardi 9 décembre, le rapporteur public s’est prononcé en faveur de la poursuite du chantier de l’autoroute A69, recommandant à la cour administrative d’appel d’annuler la décision du tribunal administratif de Toulouse de février. Il estime que la décision de février basée sur l’absence de « raison impérative d’intérêt public majeur (…) n’est pas fondée ».

C’est le même rapporteur qu’en mai, qui affirmait que le bassin Castres-Mazamet mérite par principe une A69.

G. Garric

« Ce n’est pas une surprise car c’est le même rapporteur qu’en mai, qui affirmait que, selon lui, le bassin Castres-Mazamet mérite par principe une A69. Il ne détaillait pas les volets économiques, sociaux, écologiques donc nous attendons l’audience sur le fond en appel pour voir comment il va argumenter point par point », souligne Gilles Garric du collectif d’opposant à l’A69 La voie est libre. Les parties civiles au procès contre l’A69 avaient déposé une requête en récusation pour cause de suspicion de partialité de deux magistrats et du rapporteur public, mais n’ont pas eu gain de cause.

La notion clef d'intérêt public majeur

Il n'existe pas de définition juridique précise de la raison impérative d'intérêt public majeur (RIIPM). Mais celle-ci indique les conditions dans lesquelles un projet peut être légal bien que portant atteinte à des espèces protégées. Le projet doit absolument résoudre une situation de santé ou de sécurité publique, voire d’intérêt économique majeur, et qu’il n’y ait pas de solution alternative. « En première instance, les opposants à l’A69 ont gagné grâce à la notion de RIIPM. Les magistrats ont conclu qu’il n’y en avait pas, que l’A69 ne répondait pas à une nécessité vitale du territoire », explique Gilles Garric.

Les attaques contre la biodiversité

La dérogation à

Envie de terminer cet article ? Nous vous l’offrons !

Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter quotidienne :

Vous préférez nous soutenir directement ?
Déjà abonné ?
(mot de passe oublié ?)

Pour aller plus loin…

En Suisse, avec le berger qui défend les loups
Portrait 17 avril 2026 abonné·es

En Suisse, avec le berger qui défend les loups

Dans le Jura vaudois, Fabrice Monnet a passé une grande partie de l’hiver à patrouiller dans les montagnes avec son association pour empêcher l’abattage du grand prédateur. L’homme est devenu une figure militante, non sans agacer éleveurs et pouvoirs publics.
Par Louis Bolla
Marc-André Selosse : « S’occuper de la biodiversité est une preuve d’humanisme »
Entretien 15 avril 2026 abonné·es

Marc-André Selosse : « S’occuper de la biodiversité est une preuve d’humanisme »

Le professeur de microbiologie au Muséum national d’histoire naturelle plaide pour la reconnexion de notre société au vivant, et l’émergence d’alternatives agroécologiques pour protéger le monde agricole et les citoyens des ravages des pesticides. Dans De la biodiversité comme un humanisme, petit livre très accessible, il allie vulgarisation et la défense de la biodiversité.
Par Vanina Delmas
Inondations : réparer ou prévenir ?
Parti pris 25 février 2026

Inondations : réparer ou prévenir ?

Alors que l’extrême droite impose ses thèmes dans le débat public, des inondations historiques frappent la France dans une indifférence inquiétante. Ces catastrophes, loin d’être de simples aléas, révèlent nos choix politiques, nos renoncements et l’urgence de changer de modèle.
Par Pierre Jacquemain
Agriculture responsable : que peuvent les petites communes ?
Reportage 19 février 2026

Agriculture responsable : que peuvent les petites communes ?

Certaines collectivités tentent de se réapproprier la politique agricole à l’échelle communale. Pour lutter contre la disparition des petites fermes, et favoriser une alimentation bio et locale.
Par Vanina Delmas