En Crimée, « aujourd’hui, même ceux qui se taisent sont réprimés »

En Crimée annexée, des défenseurs des droits humains continuent de travailler malgré le harcèlement des autorités. Sous couvert d’anonymat, l’un des défenseurs de la minorité tatare a accepté de témoigner.

Pauline Mussche  et  Fiora Garenzi  • 27 mai 2026 abonné·es
En Crimée, « aujourd’hui, même ceux qui se taisent sont réprimés »
« Notre travail est avant tout de documenter avec précision ce qui se passe. Après chaque audience, je me filme et je raconte ce qu’il s’est passé en espérant que cela serve à quelque chose à l’avenir. »
© Fiora Garenzi

Un des éléments majeurs de la propagande russe est de dire que l’annexion de la Crimée en 2014 s’est faite « sans effusion de sang » et que tout le monde y était favorable. En tant que défenseur des droits humains, quel est votre point de vue sur la question  ?

Dès le mois de mai 2014, juste après l’arrivée des Russes, plus de cent personnes ont été condamnées pour des « piquets solitaires pacifiques ». On a mesuré alors le niveau de criminalisation qui existait en Russie pour des actions non-violentes et qui sont censées être légales. En 2015, les premiers activistes ont été arrêtés pour terrorisme. Ça nous a fait comprendre tout de suite ce dans

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