Présidentielle : Fabien Roussel rêve d’une deuxième aventure
Le secrétaire national du PCF devrait logiquement être réélu lors du congrès de son parti, légèrement plus divisé qu’il y a trois ans. Ne cachant plus ses ambitions pour 2027, l’ex-député du Nord rêve de se faire un espace à gauche.
dans l’hebdo N° 1916 Acheter ce numéro

© Francois LO PRESTI / AFP
Pendant des mois, il fallait esquiver le sujet. Fabien Roussel et les siens écartaient la question vertigineuse de la présidentielle. « À gauche, nous avons besoin de pousser les débats. La solution, ce n’est pas l’union pour l’union. Il faut faire péter notre plafond de verre, disait-il à Politis en septembre 2025. Je le dis aux responsables de gauche : “No stress, on va se parler.” Je suis convaincu que la gauche porte une alternative à la droite et à l’extrême droite, et je souhaite que la gauche gagne. Trouvons le meilleur chemin pour y parvenir. Prenons le temps d’en parler. » Le temps, en reste-t-il aujourd’hui ?
Les 6 et 7 juin, les militants du Parti communistes français (PCF) devront s’exprimer sur la « base commune »de leur formation, ce texte qui définit les grandes orientations idéologiques et stratégiques. Un mois plus tard, ils tiendront leur grand congrès à Lille. Et début septembre, ils trancheront, lors d’une conférence nationale, leur positionnement pour la présidentielle. Mais Fabien Roussel n’attend pas.
Le 9 mai, devant son conseil national, le parlement de son parti, l’ex-député du Nord assume son appétit pour 2027 : « Oui, je défends le principe d’une candidature issue de nos rangs pour porter cette ambition pour la France, pour la paix, pour le monde du travail, comme en 2022. » Et tant pis si cette candidature de plus à gauche renforce le Rassemblement national (RN). « L’extrême droite menace. C’est vrai. Ne pas présenter de candidature à l’élection présidentielle élimine-t-il cette menace ? Non. Cela libérera notre électorat, qui se répartira entre différents candidats, développe-t-il. Et c’est peut-être ce que cherchent certaines forces qui font tout pour nous éliminer, pour m’attaquer personnellement et m’éliminer de la présidentielle – et éliminer le PCF de la présidentielle. »
Le communiste veut reprendre son destin et celui de son parti en main. « Ne pas présenter de candidature nous conduirait à devoir choisir entre Mélenchon, Glucksmann, une candidature socialiste, ou une candidature issue d’une primaire qui pourrait être pro-Otan, pro-guerre, fédéraliste, anti-industrie, anti-nucléaire, explique celui qui a recueilli un
Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter quotidienne :
Pour aller plus loin…
« Faisons de cette primaire un référendum pour l’union de la gauche »
Entre Mélenchon et les divisions socialistes, les unitaires rêvent de sortir du bourbier
La Chine, révélatrice des tensions à gauche sur les enjeux internationaux