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Publié le 12 février 2011

Organiser un atelier au FSM, envers et contre tout

Au forum social mondial de Dakar, chaque organisateur doit se battre pour que son atelier ait bien lieu comme prévu. L’allocation des salles est le principal problème. Les amis de la Terre, par exemple, n’ont appris où se tiendrait leur atelier du 8 février que deux heures avant son début ! Et il fallait encore s’installer et faire un peu de publicité pour que les participants du forum y viennent…

Leur histoire commence vers 7h du matin, alors que les trois jeunes activistes des Amis de la Terre sont déjà réunis autour d’un des rares points Wifi. Mais le planning de la journée n’est toujours pas disponible en ligne : ils connaissent seulement l’horaire, 12h30. Il ne reste plus qu’à aller à l’université Cheikh Anta Diop, et à espérer que des informations seront placardées sur les murs… Même s’ils trouvent une salle au dernier moment, comment préviendront-ils les gens intéressés ? Pendant le petit-déjeuner, vers 7h30, ils parlent de mettre eux-mêmes des publicités sur les arbres.

La navette les dépose au forum à 8h45. Pas de planning affiché. Une trentaine de minutes de recherches s’écoule, infructueuses. Puis, miracle, une connaissance leur envoie un sms avec le lieu de leur conférence, qu’il a trouvé dans un obscur document (un tableur de 64 feuillets !) sur Internet. Il faut toutefois vérifier. Un cybercafé est mis à contribution… mais n’a pas le logiciel requis. Une borne wifi et un netbook permettent finalement de vérifier l’info. Au passage, les Amis de la terre copient le planning déniché sur une clef USB et le distribuent à tous ceux qui galèrent autour d’eux. Pas question d’être solidaires à moitié !

Les programmes du FSM étaient très demandés et souvent partégés. En marchant vers ledit lieu, ils découvrent qu’il existe une superbe version papier du planning du jour, sous forme de journal, mais qu’elle est simplement déjà épuisée … Bientôt, et après avoir demandé leur chemin plusieurs fois, les Amis de la Terre trouvent leur tente, même si le numéro en a été arraché par le vent.

A présent, informer les gens. Une quinzaine d’affiches sont écrites à la hâte et placardées dans le forum. On envoie des sms à tous les contacts susceptibles de faire passer le mot. Il est 11h30, plus qu’une heure avant le début de l’atelier. Le groupe se retrouve pour manger, et en même temps on fixe les derniers détails, décide que chaque participant se présentera brièvement avant le début de l’atelier…

A 12h30, sous la tente, les interprètes français-anglais-portugais prévus ne sont pas là. Rien de surprenant, mais c’est problématique. Heureusement il y en a d’autres, qui vont de tente en tente et qui sont recrutés aussi sec. Les participants arrivent peu à peu, et sont répartis par groupes de langues. Sans micro, les traductions seront surtout chuchotées.

Ça y est on commence...la séance sera satisfaisante. Mais quelle aventure rien que pour que l'atelier ait lieu ! Une telle confusion peut être frustrante mais pour certains c'est également une source de créativité.

Fabien Nicolas

PS: D’autres ateliers des Amis de la Terre n’ont pas pu avoir lieu, par manque de salles…


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