La salope
dans l’hebdo N° 959 Acheter ce numéro
« Salope » est le féminin de « salaud » , qui longtemps s'est écrit « salop. »
Si j'en crois mon Dictionnaire des injures de la langue française , qui recense et définit pas moins de 9 300 gros mots, c'est une insulte qui équivaut à « traître », « faux jeton » ou « fumier » . Mais il peut avoir aussi une connotation vaguement admirative, le plus souvent à caractère sexuel ( « Ben, mon salaud ! » peut s'accompagner d'un sifflement approbateur, un « grand salaud » peut être dit d'un homme à femmes, un « vieux salaud » a souvent la main baladeuse...), et c'est encore plus vrai au féminin : qu'on pense à Guy Bedos feuilletant Play-Boy : « Ouah, la salôôôôôpe ! » Le caractère injurieux du terme « salope » est en revanche nettement accentué lorsqu'il s'adresse à un homme : « Il va sans dire que traiter de salope un représentant du sexe fort, c'est manifester à son égard un mépris total et particulièrement offensant » , puisque l'affront met en cause, « en même temps que sa droiture, sa virilité et l'orthodoxie de sa vie sexuelle » [^2]. ).
Ce qui n'est pas le cas dans l'affaire dont nous parlons et qui agite présentement le landerneau.
Deux mecs qui en croisent un troisième à l'entrée du Palais-Bourbon. Ils sont visiblement d'humeur badine : la vie est belle, ils viennent tous les trois d'être élus députés (réélus pour deux d'entre eux, le troisième est un bleu), peut-être même qu'ils sortent de table, va savoir, et qu'ils ont un coup dans l'aile ?
« Voici le gars qui a battu Comparini », dit le premier, hilare (c'est Renaud Muselier, un marrant, député des Bouches-du-Rhône, UMP), au deuxième (Patrick Devedjian, un puissant, député, président du conseil général des Hauts-de-Seine, UMP, formation dont il est aussi le secrétaire général), en lui présentant le
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