Camus, l’homme déchiré
Né en Algérie, Albert Camus, dont on célèbre cette année le centenaire de la naissance, demeure une figure ambivalente vis-à-vis de la lutte des Algériens pour leur indépendance.
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« Sur le plan politique, je voudrais rappeler aussi que le peuple arabe existe, écrit Albert Camus le 13 mai 1945 dans Combat, dont il est rédacteur en chef. Rentré quelques jours plus tôt d’Algérie, il vient d’apprendre les révoltes et la répression qui s’est ensuivie à Sétif, Guelma et dans une grande partie du Constantinois. « Je veux dire par là, explique-t-il, qu’il n’est pas cette foule anonyme et misérable où l’Occident ne voit rien à respecter ou à défendre. Il s’agit au contraire d’un peuple de grandes traditions et dont les vertus, pour peu qu’on veuille l’approcher sans préjugés, sont parmi les premières. Ce peuple n’est pas inférieur, sinon par la condition de vie où il se trouve, et nous avons des leçons à prendre chez lui, dans la mesure même où il peut en prendre chez nous. » Et de poursuivre, au sein d’une série de reportages, le 18 mai 1945 : « J’ai lu dans un journal du matin que 80 % des Arabes désiraient devenir des citoyens français. Je résumerai au contraire l’état actuel de la politique algérienne en disant qu’ils le désiraient effectivement, mais qu’ils ne le désirent plus. […] Ce qui est arrivé avec les indigènes algériens, nous en sommes les premiers responsables. »
Ces deux
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