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Remue-ménage au palace, les femmes de chambre sont en grève

Les femmes de chambre de deux prestigieux hôtels manifestaient, mardi, à Paris, pour réclamer de meilleures conditions de travail.

La rue de la Paix est partiellement bloquée , les touristes font un détour en observant, perplexes, la quarantaine de personnes qui agite avec enthousiasme des drapeaux CGT. Quelques hommes, beaucoup de femmes, et une ambiance on ne peut plus joyeuse. Après tout, comme le clame un homme au micro, ils ont «gagné» . Partiellement, tout du moins.

En grève depuis vendredi, les femmes de chambres et personnels du Park Hyatt Vendôme ont obtenu d'importantes hausses de salaire, entre 380 et 420 euros par mois.

Pour qui plafonne au SMIC depuis des années, ce n’est pas rien. Fatima est tout sourires. Femme de chambre, puis équipière au palace de la rue de la paix depuis 2006, elle ne craint plus autant ses fins de mois. Aujourd’hui, elle célèbre… et manifeste, pour ses collègues grévistes du Hyatt voisin, à Madeleine. Car pour eux, rien n’est gagné.

Les négociations n’ont rien donné. «Ils n’ont fait aucune proposition sérieuse» , râle Claude Lévy. Pour autant, le délégué de la CGT des hôtels de prestige et économiques (HPE) ne désespère pas : «Avec ce qu’on a obtenu à Vendôme, ceux de Madeleine sont remontés comme des pendules ! Ils ne lâcheront rien.»

Mathilda, femme de chambre au Hyatt de la Madeleine depuis six ans n’a surtout pas grand chose à perdre. 1200 euros par mois, en travaillant le dimanche, des cadences infernales ( «12 chambres par jour !» ) qui ne sont pas toujours respectées ( «Certaines filles en font parfois 15 ou 16, pour pallier aux absences et gagner un peu plus d’argent.») , des heures supplémentaires jamais réglées ( «Seules les chambres supplémentaires sont payées.» ) et aucune mutuelle ( «Vous vous rendez compte, un grand hôtel comme ça ! On doit payer une mutuelle tous seuls et avec notre petit salaire, ce n’est pas évident.» ).

La victoire à Vendôme la fait rêver. Hausses de salaire, transfert des temps partiels en temps complet, réduction des cadences de 10%, participation de l’entreprise à la mutuelle à hauteur de 60%... Pour Claude Lévy, la victoire est «historique» , même si, sur la sous-traitance, le Hyatt n’a pas plié.

Sous-traiter pour mieux diviser ?

Car aucune des petites mains qui manifestent, ce mardi, n’ont de contrat direct avec les deux hôtels de luxe. Les directions sous-traitent à une société extérieure.

«Sous-traiter permet aux hôtels de ne pas prendre en charge la pénibilité du travail» , souligne Laurent Giraudeau, délégué syndical de la CGT HPE. «Il y a beaucoup de maladies professionnelles, d’accidents de travail, et ils ne veulent plus s’en occuper.»

Mais pour lui, la sous-traitance donne surtout aux directions des palaces la possibilité de se débarrasser des femmes de chambres, souvent à l’origine des luttes syndicales. «En les faisant passer sous un contrat extérieur, ils cassent la solidarité entre employés d’un même hôtel. Il n’y a plus de communauté de travail, donc plus de revendications communes avec les autres services.»

La pratique est selon lui si commode, que de nombreux palaces parisiens commencent à y songer. Alors pour Laurent Giraudeau, la mobilisation des femmes de chambre est loin d’être terminée.


Photos : Lena Bjurström/Politis

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